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Egalité hommes/femmes dans les entreprises: la France à la pointe de l'Europe selon une étude

La France à la pointe de l'Europe en matière d'égalité entre les femmes et les hommes en entreprise

La France à la pointe de l'Europe en matière d'égalité entre les femmes et les hommes en entreprise - Rawpixel- CC

Avec un indice d'égalité de 52% chez les entreprises du CAC 40, la France fait mieux que tous ses voisins européens. L'Oréal arrive en tête avec un score de 73%.

Bien sûr, le chemin pour l'égalité entre les hommes et les femmes dans les entreprises françaises sera encore long. Mais entre l'évolution des mentalités et les mesures mises en place depuis plusieurs années pour inciter les entreprises à améliorer leurs pratiques (sous peine de sanctions), les choses avancent.

Ces progrès s'illustrent dans le rapport annuel du cabinet Equileap qui mesure l'égalité homme/femme dans les entreprises cotées dans le monde (3702 groupes audités dans 23 pays). Et dans sa dernière édition, la France se classe tout simplement à la première place en Europe.

Le pays obtient un score d'égalité de 52% qui se base sur l'étude de 19 critères différents allant de la proportion entre les femmes et les hommes dans les effectifs globaux, au sein des cadres dirigeants et des comités de direction en passant par la durée des congés parentaux, l'écart salarial, la prise en charge des victimes de harcèlement.

Etats-Unis et Japon, les mauvais élèves

C'est neuf points au-dessus de la moyenne européenne (43%), 3 points de mieux que l'Espagne, 6 de plus que le Royaume-Uni. C'est même 22 points de plus que le score des Etats-Unis, un des mauvais élèves de la liste avec le Japon (27%) ou la Suisse (30%).

Dans le détail, l'étude montre qu'il y a 44% de femmes dans les conseils d'administration (31% en Europe), 17% dans les équipes de direction (16% en Europe) et 39% dans les effectifs globaux (38% en Europe).

"Les entreprises du CAC40 y parviennent en surperformant dans les notes moyennes européennes pour chacun des 19 critères", commente l'étude qui met en avant la législation et notamment l'instauration de quotas aux conseils d'administration des entreprises et l'index mis en place par le gouvernement en 2019.

Ce dernier oblige les entreprises d'au moins 250 salariés de publier chaque année sur leur site internet cet index qui présente une note sur 100 calculée à partir de plusieurs critères et censée rendre compte du niveau d'égalité salariale entre les femmes et les hommes au sein de la structure.

Encore des progrès à faire dans le "top" management

Du côté des entreprises, l'étude décerne la palme annuelle à:

  1. L'Oréal qui obtient le score de 73% avec notamment 68% de femmes dans les effectifs, devant
  2. Kering (68%),
  3. Sanofi (66%),
  4. Sodexo (65%),
  5. Schindler (63%)

Si L'Oréal, Kering mais aussi Danone, Hermes et LVMH ont atteint l'égalité dans leurs équipes de cadres dirigeants, Pernod Ricard est la seule à afficher cette égalité dans les équipes de direction exécutive, avance l'étude qui appelle donc à des "progrès" dans l'égalité au sein du "top management".

Par contre, aucune entreprise française ne présente une égalité salariale entre les deux sexes.

Rapportées au niveau mondial, les entreprises françaises sont très présentes puisqu'elles représentent presque 20% du top 100 de l'égalité.

La pandémie affecte plus les travailleuses

Pour autant, le contexte actuel pourrait casser la tendance à plus d'égalité dans le monde de l'entreprise. L'épidémie de Covid-19 a en effet eu des conséquences négatives sur la situation professionnelle des femmes en 2020 qui ont dû s'occuper davantage des enfants.

"Le Covid-19 a eu des conséquences massives et disproportionnées sur les femmes à travers la planète", selon ce cabinet spécialisé. "Nous avons assisté à une hausse des violences conjugales, à la fermeture de très nombreux établissements de garde d'enfants, tandis que les femmes ont continué à assumer la plupart des responsabilités liées à l'éducation des enfants et au ménage", d'après Equileap.

En conséquence, une femme sur quatre aux Etats-Unis a envisagé de revoir à la baisse ses ambitions professionnelles ou de ne plus travailler, selon une étude de McKinsey citée par le cabinet.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business