BFM Business

Le premier ministre hongrois qualifie d'"hystériques" les manifestants qui s'opposent à sa "loi travail"

-

- - AFP

Alors que la loi hongroise assouplissant le temps de travail vient d'être votée, Viktor Orban juge que les opposants "hystériques" véhiculent des "mensonges sans limite".

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a défendu vendredi sa réforme très controversée du temps de travail, une "bonne" loi "pour que ceux qui veulent gagner plus" contestée par des opposants "dont les mensonges n'ont pas de limite", selon lui.

Le dirigeant national conservateur a expliqué lors d'un entretien sur la radio publique que le but de la réforme était de "simplement supprimer les régulations inutiles, pour que ceux qui veulent gagner plus puissent travailler plus".

Votée au parlement le 12 décembre, cette modification du temps de travail a déclenché une vague de manifestations émaillées de violences, essentiellement à Budapest. La nouvelle loi porte à 400 le nombre des heures supplémentaires annuelles que les employeurs pourront demander à leurs salariés, payables trois ans plus tard.

"Ceux qui crient à la fin du monde sont ceux qui ont ruiné le pays et leurs mensonges n'ont pas de limites", a commenté le chef du gouvernement à propos des protestataires qui, fait inédit, réunissent tout le spectre de l'opposition, de l'extrême droite aux Verts en passant par les libéraux.

"Nous avons entendu ces mêmes hurlement hystériques quand nous avons renvoyé le FMI, quand nous avons baissé les impôts ou lorsque nous avons introduit le travail d'utilité public: l'opposition avait crié "esclave!"", a ajouté Viktor Orban. 

"Les manifestants sont payés par Georges Soros"

Une nouvelle manifestation est prévue vendredi soir à Budapest alors que la loi a été promulguée jeudi par le chef de l'Etat, un allié politique de Viktor Orban. Les manifestants ont ensuite promis de reprendre leurs protestations début janvier.

"Cette loi est une bonne loi, et il faudra le juger dans la pratique", a plaidé Viktor Orban. Il a aussi promis que tous les travailleurs recevraient une compensation des heures supplémentaires à la fin de chaque mois, et non au bout du délai maximum de trois ans.

Après un rassemblement devant le parlement, les manifestants prévoient de marcher vendredi soir jusqu'au Palais présidentiel. "Les manifestants les plus agressifs sont payés par George Soros", a également accusé le Premier ministre, un discours développé par le gouvernement depuis le début des troubles alors que le millionnaire américain d'origine hongroise fait l'objet d'une campagne acharnée de Viktor Orban depuis 2017.

Selon un sondage publié vendredi par l'institut Publicus, plus de deux tiers des Hongrois jugent les manifestations fondées et considèrent que la loi du travail va à l'encontre de l'intérêt des salariés.

Frédéric Bianchi avec AFP