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UMP : toujours pas de nouveau président mais des finances plombées

Le vainqueur du duel entre François Fillon et Jean-François Copé va hériter d'un parti en grandes difficultés financières.

Le vainqueur du duel entre François Fillon et Jean-François Copé va hériter d'un parti en grandes difficultés financières. - -

Confusion à l'UMP. Jean-François Copé et François Fillon revendique chacun la victoire. Quel que soit le vainqueur, les difficultés financières du parti se dressent déjà devant lui.

Le vote des adhérents pour désigner un nouveau président à l'UMP a tourné à la foire d'empoigne dimanche, Jean-François Copé et François Fillon revendiquant chacun la victoire tandis que la commission interne chargée de valider le scrutin s'est dit dans la nuit incapable d'annoncer qui avait gagné.

A 23h30, alors qu'une pluie d'annonces de contestations s'était abattue sur le scrutin, Jean-François Copé a le premier revendiqué la victoire au siège de l'UMP, prenant son rival de vitesse.

"Les militants et les militants de l'UMP viennent aujourd'hui de m'accorder la majorité de leurs suffrages et ainsi de m'élire comme président de l'UMP", a-t-il lancé devant ses partisans. Son entourage a assuré qu'il avait "1000 voix" d'avance sur François Fillon.

Peu après, c'était au tour de l'ancien Premier ministre de venir annoncer sa "courte victoire de 224 voix", tout en prévenant que ses résultats devaient être officialisés par la commission interne du parti, la Cocoe.

Dans la nuit, peu avant 4h, la Cocoe a interrompu ses travaux jusqu'à lundi 10h. "Il nous manque les procès-verbaux de 50% des départements. Nous sommes dans l'incapacité de dire qui a gagné", a déclaré son président, Patrice Gélard, en espérant que le vainqueur serait connu dans la journée de lundi.

Dans certains bureaux des Alpes-Maritimes, c'est le décalage entre les bulletins comptabilisés et les émargements qui a jeté le trouble. 

Grosse difficulté financière

Mais quelle que soit l'issue définitive du scrutin, le président de l'UMP devra gérer un parti qui n’est pas au mieux. Et ce, pas tant au niveau idéologique, qu’économique. En effet, le vainqueur du duel va hériter d’un parti en grosse difficulté financière, qui tranche avec la bonne santé affichée par son adversaire socialiste.

La succession de défaites électorales depuis 2007 (sénatoriales et législatives notamment) y est pour beaucoup. Les dotations publiques allouées à l’UMP ont ainsi fondu en même temps que le nombre de parlementaires élus, passant de 38 millions d’euros en 2007, à 25 millions en 2012.

Une amende de quatre millions pour non-respect de la parité

Les cotisations des adhérents, elles aussi, ont chuté. De 2007 à 2010, elles sont passées de 8 à 5,5 millions d’euros. Et l’UMP, en ne respectant pas la parité pour ses candidats à la présidentielle, s’est infligée une amende de quatre millions d’euros.

Cité dans le Canard enchaîné du 7 novembre, Dominique Dord, le trésorier du parti, ne se montre pas optimiste : "Il faudra s’adapter ou ce sera la bérézina". Message transmis au futur champion, qui devra s’y atteler le plus vite possible.

Yann Duvert