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Les éleveurs français inquiets de la grippe aviaire en Europe de l'est

Un élevage de volailles (Photo d'illustration)

Un élevage de volailles (Photo d'illustration) - ERIC CABANIS / AFP

Plusieurs foyers du virus H5N8 ont été détectés dans l’Est de l’Europe. Pour s’en prémunir, l’application stricte des mesures d’hygiène dans les camions n’est pas suffisant, alerte un syndicat agricole, qui appelle à limiter les flux de transports.

Le virus H5N8 pourrait faire son retour en France, sauf si des mesures rapides sont prises. Voilà l'alerte du syndicat agricole de la Coordination rurale. Depuis fin décembre, des foyers de grippe aviaire ont en effet été détectés dans des élevages en Pologne et en Slovaquie. Mercredi, c’est au tour de la Hongrie et de la Roumanie d’être touchés. "Nous rappelons que la grippe aviaire se propage très vite", avertit la Coordination Rurale.

Transports de la Pologne à la France et vice versa

Le syndicat appelle alors aux autorités d’interdire "rapidement" les importations de volailles en provenance de ces pays infectés. Le seul nettoyage des moyens de transports est insuffisant, insiste-t-il, sachant que la propagation du virus n’est pas le fait de mouvements migratoires de la faune sauvage, mais du transport de la volaille vivante. "Et en particulier les transporteurs en provenance d'Europe de l'Est mais aussi les transports de volailles vivantes de la France vers la Pologne", précisait hier la Direction générale de l’alimentation dans un communiqué.

Stopper tout flux ?

"Vu la catégorie dangereuse de l'influenza aviaire (...) et vu les millions que ça a coûté aux Français et toutes les exploitations que nous avons perdues, je pense que le bon sens voudrait déjà qu'on limite, voire qu'on arrête complètement le flux", a réagi auprès de l'AFP André Costa Coutinho, éleveur dans le Lot-et-Garonne et délégué national de la filière palmipèdes à la Coordination rurale.

Le virus H5 n’est pas pathogène pour l’homme. Mais le risque est de voir des élevages entiers abattus. En décembre 2015, le Japon avait ainsi arrêté d’importer la volaille française, car plusieurs cas avaient été détectés dans l’hexagone.

L’évolution de l’épidémie est régulièrement mise à jour sur la plate-forme Esa.

Fanny Guyomard avec AFP