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Retour de la controversée radio-télévision publique grecque

De nombreuses manifestations avaient eu lieu lors de la fermeture de la ERT.

De nombreuses manifestations avaient eu lieu lors de la fermeture de la ERT. - Louisa Gouliamaki - AFP

Fermée dans le cadre des mesures de rigueur en juin 2013, la ERT va être rétablie. Plus de 1.550 anciens employés  pourraient être réintégrés.

Les Grecs vont retrouver leur radio et télévision publiques. Le Parlement grec a voté dans la nuit de mardi à mercredi le rétablissement de la radio-télévision publique ERT.

Le rétablissement de la ERT, critiquée dans le passé pour ses gaspillages et sa pléthore d'employés, était l'une des promesses électorales du nouveau gouvernement de la gauche radicale Syriza, au pouvoir depuis trois mois. La fermeture de la ERT, le 11 juin 2013, avait provoqué un choc dans le pays et un émoi international. Fermée dans le cadre des mesures de rigueur imposées par les créanciers du pays, UE et FMI, la ERT avait été remplacée un an plus tard par Nerit, un organisme à budget réduit qui ne comprenait que 500 employés. 

Le projet de loi intitulé "Règles pour l'organisme public de radio-télévision (ERT), société anonyme" a été voté surtout par la majorité du gouvernement de coalition de gauche radicale et des Grecs Indépendants. Certains articles ont été votés par les socialistes Pasok et la Rivière (centre-gauche). Le principal parti d'opposition de droite Nouvelle-Démocratie a voté contre le projet de loi.

2.300 personnes pour la nouvelle ERT

Outre le remplacement du titre de Nerit par le titre historique ERT, la nouvelle loi prévoit la réintégration des 1.550 anciens employés de la ERT qui le souhaitent. Au total ERT avait plus de 2.600 salariés mais des centaines sont partis à la retraite après sa fermeture tandis que d'autres avaient été embauchés par la Nerit.

2.300 personnes formeraient la nouvelle ERT, selon la presse. La loi stipule que "le coût de la ERT s'élève à 60 millions d'euros par an et qu'il sera couvert par la redevance qui a été fixée à 3 euros par mois". Le gouvernement a assuré qu'il ne se contentait pas de retourner à l'ancien cadre qui régissait ERT mais qu'il allait faire face aux problèmes de l'ancienne ERT mais "sans les initiatives inadmissibles du précédent gouvernement comme d'imposer un écran noir".

La présidente du Parlement Zoe Konstantopoulou a qualifié la fermeture de la ERT "d'acte le plus autoritaire du précédent gouvernement". Le ministre en charge de la télévision publique Nikos Pappas a de son côté assuré que "la ERT serait un organisme fiable, qui rétablira le sentiment de justice".

D. L. avec AFP