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Pourquoi le ministre grec des Finances rend son tablier

Yanis Varoufakis, l'actuel ministre des Finances grecs, a annoncé ce lundi 6 juillet son départ du gouvernement. Une décision qui doit permettre de faciliter les négociations entre Athènes et ses partenaires européens.

L'annonce a de quoi surprendre. Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances avait prévenu qu'il démissionnerait si le "oui" l'emportait lors du référendum grec, organisé dimanche. Le "non" l'a finalement largement emporté, et Yanis Varoufakis a quand même démissionné. C'est lui en personne qui l'a annoncé sur son blog dans un post intitulé "Minister No More!".

Pourquoi? Il semblerait que certains propos ne soient pas passés auprès de ses homologues européens. Samedi, le ministre des Finances avait ainsi qualifié de "terroristes" les créanciers d'Athènes dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo.

Le "terrorisme" des créanciers

"Ce qu'ils font avec la Grèce a un nom: terrorisme", affirmait-il alors. "Pourquoi est-ce qu'ils nous ont forcé à fermer les banques? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s'agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme", ajoutait-il.

Clairement ces déclarations ont irrité les Européens, les Français en particulier. "C'est un homme entier, de fougue, qui a la foi. Mais qui a aussi eu des mots difficiles à accepter, surtout en France, comme celui de 'terroriste'", a ainsi déclaré le ministre des Finances Michel Sapin sur Europe 1, à propos de Varoufakis.

"Il a tenu des propos qui ne sont pas acceptables", a également déclaré le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll.

Résultat: les ministres européens des Finances ont préféré voir Yanis Varoufakis quitter la table des négociations. Pour de bon. C'est ce que laissait clairement entendre le post de blog publié par le ministre grec sur son blog. "Peu de temps après l'annonce des résultats du référendum, on m'a informé que certains membres de l'Eurogroupe, et des "partenaires" associés, préféraient que je sois absent des réunions."

Des relations tendues

Une demande à laquelle Alexis Tsipras a préféré répondre par la positive y voyant un moyen de faciliter les discussions vers un accord. Yanis Varoufakis a ainsi rendu le tablier estimant qu'il était de "son devoir d'aider Alexis Tsipras". Le désamour entre Yanis Varoufakis et les autres ministres des Finances de la zone euro ne date toutefois pas de ce week-end.

En février dernier un responsable européen confiait à l'AFP que lors d'une réunion avec Yanis Varoufakis, les créanciers, excédés, avaient alors arrêté de négocier avec le bouillonnant ministre. "Varoufakis est hors de la négociation. Tout a été négocié avec Alexis Tsipras", expliquait cette source.

Les différences avait certains de ses homologues étaient fortes, surtout avec l'Allemand Wolfgang Schäuble. Lors de leur première rencontre, les deux hommes avaient ainsi affirmé "être d'accord sur le fait de ne pas être d'accord sur quoi que ce soit". Jusqu'à ce Varoufakis corrige "et même là-dessus nous ne sommes pas d'accord".

J.M.