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Monti : "La sagesse des hommes et des femmes politiques d’Italie prévaudra"

Mario Monti est déterminé à démissionné, même si il semble avoir un goût d'inachevé

Mario Monti est déterminé à démissionné, même si il semble avoir un goût d'inachevé - -

L’Italie se prépare à des élections anticipées après le retour annoncé sur la scène politique de Silvio Berlusconi, et la démission de Mario Monti. Sur BFM Business, celui-ci explique comment il voit l’avenir du pays.

Deux coups de théâtre successifs sont intervenus ces 8 et 9 décembre. Le président du Conseil italien, Mario Monti, qui a fêté récemment l’anniversaire de son arrivée au pouvoir, a indiqué samedi qu’il présenterait sa démission "irrévocable" fin 2012. Cette décision intervient après que l’ancien chef du gouvernement, Silvio Berlusconi a annoncé son intention de se présenter aux prochaines législatives.

Au micro de Benaoudda Abdeddaim, au Word Policy Conference à Cannes, samedi 8 décembre, le chef du conseil italien s’est montré résolu, et confiant. "Je suis convaincu que quelle que soit la couleur du gouvernement qui va succéder à celui que j’ai l’honneur de présider, la sagesse des hommes et des femmes politiques d’Italie prévaudra", a-t-il assuré.

Des décennies d'insouciance budgétaire

Vendredi, devant le Parlement, Silvio Berlusconi a reproché à l’actuel chef de gouvernement la chute du pouvoir d’achat des Italiens, et surtout sa complaisance vis-à-vis d’Angela Merkel. Suite à quoi des députés du Peuple de la Liberté, le parti du Cavaliere, pourtant membre de la coalition au pouvoir, se sont abstenus de voter plusieurs projets de loi du gouvernement.

Dans ces conditions, Mario Monti "ne juge pas possible de poursuivre son mandat", a-t-il déclaré par communiqué. Sa démission prendra donc effet dès le vote de la loi de stabilité budgétaire, qui doit être entérinée avant la date limite du 31 décembre.

Le chef du conseil italien se dit sûr "qu’il n’y aura pas une tendance à détruire ce que l’on a pu faire en termes de mise en sécurité des finances publiques italiennes". Une affirmation qui ressemble davantage à un souhait qu’à une certitude.

Mario Monti est conscient qu’il "reste du travail à faire sur la croissance", mais s’il ne l’a pas fait lui-même, c’est qu’il était "impossible de l’accomplir rapidement dans une année consacrée au dépassement de l’urgence".

Certes, il comprend les reproches qui lui sont faits sur le pouvoir d’achat de la population italienne, mais comme il l’aura fait tout au long de son mandat, il répète que la période d’austérité dans laquelle se trouve le pays "serait encore plus grande si nous ne bénéficiions pas de certains avantages liés à notre appartenance à l’Union européenne".

Super Mario en profite au passage pour mettre son principal détracteur face à ses responsabilités : "l’austérité qui est désormais nécessaire ne le serait pas dans la même mesure si, dans les décennies passées, l’Italie avait suivi une politique telle que celle suggérée récemment par l’Union européenne", souligne-t-il. Même s’il reconnait que cette dernière doit évoluer "vers une meilleure cohabitation entre les partis ‘discipline’ et les partis ‘promotion de la croissance’".

Nina Godart et BFM Business