BFM Business

Pour retenir ses jeunes, la Pologne les exempte d’impôts sur le revenu

La Pologne va exempter ses jeunes d'impôt sur le revenu

La Pologne va exempter ses jeunes d'impôt sur le revenu - Koen van Weel / ANP / AFP

Confrontée au manque de main d'oeuvre, la Pologne a décidé d'exonérer d'impôts sur le revenu tous les jeunes de moins de 26 ans dont le salaire annuel n'excède pas 19.900 euros. Deux millions de personnes sont concernées.

La Pologne a-t-elle trouvé l’astuce pour enrayer l’émigration de ses jeunes? C’est en tout cas l’objectif poursuivi par son parlement qui a approuvé début juillet un projet de loi exonérant d’impôts sur le revenu les contribuables de moins de 26 ans, rapporte Le Parisien.

La mesure qui entre en vigueur ce jeudi 1er août vise à empêcher les jeunes Polonais de quitter leur pays, qui affiche aujourd'hui un taux de chômage au plus bas depuis 25 ans (3%) et une croissance dynamique (3,8% en 2019 selon les prévisions du gouvernement). La bonne santé économique de la Pologne ne suffit en effet pas à convaincre les jeunes qui partent à l'ouest pour mieux gagner leur vie. Le salaire moyen est en effet quatre fois moins élevé en Pologne qu'en Allemagne: 762 euros bruts contre plus de 3200 euros en Allemagne. Il n'est donc pas étonnant qu'en quinze ans, 1,7 million de Polonais soient partis travailler à l’étranger, comme le mentionne une étude de l’OCDE parue en 2016. L'équivalent de la population de Varsovie, la capitale du pays.

2 millions de personnes concernées

L’exonération d’impôts sur le revenu des moins de 26 ans doit permettre de répondre à la problématique du manque de main d’œuvre et à la "fuite massive des cerveaux". Elle concernera les jeunes dont le revenu annuel n’excède pas 19.900 euros. Soit deux millions de personnes, selon le gouvernement qui estime le coût annuel de cette mesure à 590 millions d’euros.

"La Pologne souffre d’un manque de main d’œuvre. Nous sommes obligés de faire venir des travailleurs de l’étranger. Les coûts de cette mesure sont élevés mais notre marché du travail en a besoin", avait expliqué le ministre des Finances Marian Banaś.

De son côté, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a assuré que "la priorité du gouvernement est de faire de la Pologne un lieu de plus en plus convivial et agréable pour le travail et la vie des jeunes afin d’améliorer leurs perspectives chaque année".

Crise démographique 

Depuis quelques années, la Pologne connaît une crise démographique. Si sa population est restée quasiment stable autour des 38 millions d’habitants depuis 1990, c’est essentiellement grâce à l’apport de l’immigration. Plus d’un million et demi de ressortissants ukrainiens ont notamment été accueillis depuis 2014.

Le taux de fécondité est quant à lui passé de 2,06 à 1,32 enfant par femme en trente ans. Ce qui a poussé le gouvernement en place depuis 2017 a instauré une allocation familiale de 125 euros par mois et par enfant, sans conditions de revenus. Également confrontée à un taux de fécondité en berne, la Hongrie a pour sa part décidé début juillet d’accorder un prêt de 30.590 euros aux couples mariés qu’ils n’auront pas besoin de rembourser s’ils font trois enfants.

Paul Louis