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La Pologne annonce vouloir se retirer du traité européen sur les violences faites aux femmes

Vendredi, environ 2000 personnes ont manifesté à Varsovie pour protester contre cette décision du gouvernement polonais.

Vendredi, environ 2000 personnes ont manifesté à Varsovie pour protester contre cette décision du gouvernement polonais. - Wojtek RADWANSKI

Le Conseil de l'Europe s'est alarmé dimanche de l'intention du gouvernement conservateur nationaliste polonais de dénoncer la convention d'Istanbul, ce qui marquerait "un important recul" dans la protection des femmes contre les violences sexistes.

Samedi, le ministre de la Justice polonais Zbigniew Ziobro a annoncé qu'il va présenter lundi un document officiel demandant au ministère de la Famille de préparer la dénonciation du traité européen sur les violences faites aux femmes.

Ce texte connu sous le nom de "Convention d'Istanbul" est le premier outil supranational à fixer des normes juridiquement contraignantes en vue d'empêcher la violence de nature sexiste.

À l'époque où elle était gouvernée par une coalition centriste, la Pologne a signé en 2012 et ratifié trois ans plus tard cette convention. Zbigniew Ziobro l'avait considérée à l'époque comme "une invention, une création féministe qui vise à justifier l'idéologie gay".

Vendredi, environ 2000 personnes ont manifesté à Varsovie pour protester contre cette décision du gouvernement polonais.

Le Conseil de l'Europe inquiet

Le Conseil de l'Europe s'est alarmé dimanche de l'intention du gouvernement conservateur nationaliste polonais de dénoncer la convention d'Istanbul, ce qui marquerait "un important recul" dans la protection des femmes contre les violences sexistes.

"Quitter la convention d'Istanbul serait fortement regrettable et serait un important recul dans la protection des femmes contre la violence en Europe", s'est inquiété, dans une déclaration écrite Marija Pejcinovic Buric, la secrétaire générale du Conseil de l'Europe, une organisation paneuropéenne de défense des droits de l'Homme et de l'Etat de droit installée à Strasbourg.

Marija Pejcinovic Buric a jugé "alarmantes" les récentes déclarations de membres du gouvernement polonais sur l'intention de Varsovie de quitter ce traité adopté en 2011 par le Conseil de l'Europe (qui rassemble 47 pays).

"S'il existe des idées fausses ou des malentendus à propos de la convention, nous sommes prêts à les clarifier dans le cadre d'un dialogue constructif", a proposé la secrétaire générale du Conseil de l'Europe.

Clément Boutin avec AFP