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Macron veut un « grand débat » en Europe

Emmanuel Macron donne le coup d'envoi de la campagne pour les élections européennes.

Emmanuel Macron donne le coup d'envoi de la campagne pour les élections européennes. - Eric Feferberg - AFP

Dans une tribune publiée dans les 28 états de l'Union, Emmanuel Macron insiste sur la nécessité de renforcer la construction européenne

La tribune est intitulée « Pour une renaissance européenne », articulée autour de trois thèmes : liberté, protection et progrès. Pointant le risque du statu quo, Emmanuel Macron déroule un ensemble de propositions, parmi lesquelles la mise en place d'une « Conférence pour l'Europe » d'ici la fin de l'année. A l'image du grand débat en France destiné à trouver une issue à la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron veut y réunir citoyens, universitaires ou encore partenaires sociaux pour définir une nouvelle feuille de route pour l'Union, « sans tabou, pas même la révision des traités ».

Le chef de l'État remet ainsi sur la table l'idée d'un office européen de l'asile et d'une police des frontières commune, plaidant plus généralement pour la remise à plat de l'espace Schengen. L'immigration devrait être, de loin, le thème principal de la prochaine campagne européenne, selon les instituts de sondage. Au chapitre de la protection, il évoque de nouveau la mise en place d'un « salaire minimum européen : L'Europe (...) doit instaurer (...) un bouclier social garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail », sur le plan économique, « une préférence européenne, comme le font nos concurrents américains ou chinois. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale », en allusion à l’échec de la fusion Siemens-Alstom, avec une « supervision européenne des grandes plateformes », en évoquant l'accélération des sanctions en cas d'atteinte à la concurrence ou la transparence des algorithmes.

Banque européenne du climat

Enfin, Emmanuel Macron a lancé la piste d'une « banque européenne du climat », portée par le climatologue Jean Jouzel et l'économiste Pierre Larrouturou, afin de financer la transition écologique du continent. Il fixe deux ambitions: « 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 ». Plus globalement le Président de la république estime que « Jamais depuis la Seconde guerre mondiale, l'Europe n'a été aussi nécessaire. Et pourtant jamais l'Europe n'a été autant en danger » et il propose que soit créée une « Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyber-attaques et les manipulations. Dans cet esprit d'indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères »