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Les viticulteurs autorisés à planter de la vigne où bon leur semble

A partir du 1er janvier, prenant acte d'une directive européenne, la France va permettre aux vignerons de planter des ceps sur des parcelles ne figurant pas dans les zones bénéficiant d'une appellation contrôlée. Le vignoble national est autorisé à croître de 8.000 hectares dès 2016.

En régression depuis des années, le vignoble français pourrait s’étendre en 2016. A l'origine de cette petite révolution, une directive européenne destinée à libéraliser la culture de la vigne. Les arrêtés d’application encadrant le nouveau dispositif doivent être publiés au Journal officiel d’ici le 31 décembre, mais les grandes lignes étaient connues depuis des années par les professionnels du secteur.

Jusqu’à présent, producteurs ou négociants qui voulaient planter des ceps sur une nouvelle parcelle devaient justifier leur demande auprès des autorités pour obtenir une autorisation. Désormais, les nouvelles plantations sont autorisées a priori, dans la limite de 1% du vignoble déjà existant. Ainsi, l'augmentation du vignoble français restera modeste avec au maximum 8.000 hectares de vigne en plus en 2016. Par ailleurs, les autorités pourront toujours refuser l'extension d'un vignoble, mais elles devront désormais motiver leur refus.

Les Cht'is pourront se lancer dans la viticulture

En outre, des autorisations de plantations pourront désormais être délivrées à des vignes destinées à la production de vins non couverts par une indication géographique (AOC ou IGP), qui correspondent à l'ancienne catégorie des "vins de table". De quoi permettre par exemple aux Nordistes de se lancer dans la viticulture, le réchauffement climatique rendant possible cette conversion, comme on peut le constater en Pologne ou dans le nord de l'Allemagne où des viticulteurs parviennent désormais à produire du vin.

En France, les autorisations seront délivrées sous réserve d'un engagement de ne pas détourner la notoriété d'une appellation ou indication protégée (par exemple le champagne) et donc d'en respecter le cahier des charges au moins jusqu'en 2030.

Une priorité sera accordée aux "nouveaux venus" âgés de moins de 40 ans. Les représentants de la filière viticole ont voté le 16 décembre "sans opposition" ces nouvelles dispositions, avait alors indiqué Anne Halle, déléguée pour la filière vins au sein de FranceAgriMer

Les producteurs ont en effet obtenu une centaine de "contingents" pour limiter les autorisations de plantation, principalement dans les zones d'appellation d'origine contrôlée (AOC). Leur liste doit être publiée avant la fin de l'année au Journal officiel. Entre 2000 et 2012, le vignoble français a reculé de 14% pour atteindre 750.000 hectares, selon FranceAgriMer.

C. B avec AFP