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Les simulateurs de calcul de retraites participent à "la désinformation", juge l'économiste Bertrand Martinot

L'économiste explique pourquoi les simulateurs mis en ligne, notamment par des syndicats, donnent des résultats nécessairement faux.

Si la mobilisation contre la réforme des retraites semble massive dans toute la France, personne n'est capable de donner les détails du projet de loi. Et pour cause, on attend toujours les choix du gouvernement et la manière dont il va placer le curseur entre réforme systémique et réforme paramétrique.

Malgré tout, un certain nombre de syndicats ont mis en ligne des simulateurs qui calculent la perte possible de pension pour les salariés. Pour l'économiste Bertrand Martinot, invité ce jeudi sur BFM Business, ces simulateurs ne sont pas objectifs et participent à la désinformation.

"J'insiste sur le flou de cette réforme et sur les paramètres. Il circule sur Internet et dans les entreprises publiques des simulateurs qui sont paramétrés sur des choses que choisissent les syndicats et pas forcément les plus favorables à la réforme, genre Sud par exemple, et qui vous expliquent que dans beaucoup de cas votre retraite va diminuer de 30, 40, 50%. Ou que vous allez partir à 65 ans ou 70 ans. Et c'est faux, ils choisissent n'importe quel paramètre. Mais comme le gouvernement n'a pas dit précisément (ce qu'il veut faire, NDLR), dans ce flou, il y a énormément de désinformation. Mais quand vous dites aux gents qu'il y a un simulateur et que vous perdez 35 ou 40% de votre pension, évidemment les gens deviennent fous furieux", détaille-t-il.

C'est bien le flou entretenu par le gouvernement et donc aussi par les syndicats à travers des simulateurs qui renforce l'angoisse des salariés et alimente la mobilisation, estime Bertrand Martinot. "Le gouvernement n'est pas véritablement sorti du bois sur tout un tas d'aspects techniques de la réforme. Ce qui donc a un caractère anxiogène. Et par ailleurs, il a mélangé une réforme systémique avec des annonces sur l'âge pivot qui n'étaient pas prévues au départ. Il y a un flou et comme il n'y a pas une confiance absolue majoritaire dans l'opinion dans ce gouvernement et plus généralement de la parole politique, quand il y a un flou, les gents sont mécontents".

Olivier Chicheportiche