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Le programme économique de l’UMP

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Alors que tout le monde commente le « virage libéral » du président de la République, l’UMP se divise. Il y a ceux qui sont prêts à suivre Hollande en disant qu’il va dans le bon sens. Et ceux qui l’accusent de double-jeu.

A l'UMP, les divisions ne sont pas prêtes de disparaitre. En matière d'économie, il y a ceux qui sont prêts à suivre François Hollande et bles autres. Ces derniers proposent d’aller avec trois mesures phares : une baisse des dépenses publiques de 130 Mds €, la fin des 35 heures et la limitation de l’indemnisation du chômage qui deviendrait dégressive au bout de 6 mois. On peut se demander si cela est crédible ne serait-ce que parce qu’en la matière l’UMP a selon l’expression de F Mitterrand un passé qui est un passif…

L'UMP double François Hollande sur sa droite

Il est en effet assez curieux sur le long terme de constater que la droite se détermine assez souvent par rapport à la gauche ; dans les années 70, à l’époque du programme commun, Chirac se définissait comme « travailliste » ; dans les années 80, après le tournant de la rigueur, Chirac est devenu thatchérien ; dans les années 2000, après que Fabius a annoncé que ce sont les hausses d’impôts qui feraient perdre Jospin, Chirac revenu aux affaires a baissé l’impôt sur le revenu sans tenir compte de la réalité de la situation des finances publiques. Aujourd’hui qu’Hollande annonce une politique assez banalement de droite, la droite française est obligée d’en rajouter.

Sur quels thèmes ?

Il y en a trois qui me paraissent importantes :

- La baisse de 130 Mds € des dépenses publiques qui serviraient pour moitié à réduire le déficit budgétaire pour moitié à réduire les impôts ;

- la suppression des 35 heures, qui contribuerait d’ailleurs en partie à nourrir les baisses de dépenses car les 35 heures coûtent environ 20 Mds € au budget ;

- et plus en profondeur sur le plan des principes, la rupture avec l’esprit d’assistanat, rupture dont le symbole le plus fort serait le raccourcissement de la durée d’indemnisation du chômage.

Evidemment, tout cela va plus loin que Hollande et la droite peut espérer que sur les 35 h, il n’osera pas s’aventurer dans la disparition d’un dispositif mis en place sous Jospin sous l’autorité de Martine Aubry. De même sur l’assistanat.

La question qui vient à l'esprit est naturellement celle de la crédibilité

Cette question se divise en deux items. Est-ce faisable ? Si oui, l’UMP est-elle prête à en assumer le prix politique ?

Prenons le cas de la baisse des dépenses publiques de 130 Mds €. C’est possible et je dirais même c’est souhaitable. Mais cela suppose de remettre en cause beaucoup d’activités du secteur public. Et l’UMP ne nous dit pas où elle fera porter l’effort. Dire que l’on doit réaliser des économies de gestion à la sécurité sociale est incontestable mais cela ne rapportera pas 130 Mds €. Retarder l’âge de départ à la retraite à 65 ans est là aussi possible mais l’UMP parle d’étaler la mesure dans le temps. En outre, l’UMP était au pouvoir entre 2002 et 2012 et la dette publique est passée de 57% du PIB à 86%. Certes il y a eu la récession de 2009 mais cela n’explique pas tout.

En fait la grande règle reste celle de Tony Blair : il n’y a pas de politique économique de gauche et de politique économique de droite : il y a celles qui marchent et celles qui échouent ; et quand on promet beaucoup, il est évident que le risque d’échec est accru… !!

Jean-Marc Daniel