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Le mouvement des pigeons fait harakiri

Les pigeons mettent fin à leur mouvement, mais ne capitulent pas

Les pigeons mettent fin à leur mouvement, mais ne capitulent pas - -

Les #geonpis, ce mouvement d’entrepreneurs qui s’alarment de certaines mesures du Budget 2013, mettent fin à leur action. Pour l'instant en tous cas. Ils estiment que ce n’est plus la meilleure façon de faire entendre leurs revendications.

Après avoir bénéficié d’une vaste couverture médiatique, le mouvement des pigeons a décidé de se faire discret. Le compte Facebook du mouvement est clôt. Le mot-clé qui réunissait les sympathisants sur Twitter, #geonpis, n’est plus utilisés par ces derniers. Attention, il ne s'agit pas là d'une capitulation, leurs revendications sont toujours d’actualité. Mais pour ses initiateurs, leur action s'est révélée contre-productive.

Jean-David Chamboredon, patron du fonds ISAI et administrateur de France Digitale, est l’auteur de l’éditorial paru dans la Tribune qui a donné naissance au mouvement des pigeons. Il y dénonçait les effets jugés pervers de l’alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus. Invité de BFM Business ce mardi, il explique que "le côté frondeur, potache, protestataire des pigeons" a finalement biaisé leur message.


"On soulève de vrais problèmes, avec de vrais enjeux, une vraie sincérité, mais on est finalement caricaturés", regrette l’investisseur, lui-même fondateur d’une start-up. Caricaturés notamment par le ministre du Redressement productif, qui dénonce entre autres leur "exagération", leur "mauvaise foi". Pourtant, quand ce dernier "appelle à l’économie de l’innovation, à une finance proche de l’Economie réelle. C’est de nous dont il parle !" s’insurge Jean-David Chamboredon.

Pour autant, le mouvement a eu un mérite, celui d'établir un dialogue jusque-là inexistant. "Il faut bien reconnaître que nous avons été écoutés, admet ainsi Patrick Robin, ex-pigeon et créateur de l’agence marketing 24h sur BFM Business. Mais "nous n’avons pas été entendus", regrette-t-il.

Car pour lui, "si tout le monde pense que le problème est réglé, que le gouvernement a reculé, c’est loin d’être le cas". Celui qui se définit lui-même comme un business angel assure que ses homologues préfèreront désormais "investir dans L’Oréal", plutôt que de soutenir des jeunes entrepreneurs, "ce qui est bien moins risqué, pour être imposé de la même façon à peu de choses près".


Nina Godart