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La Grèce a envoyé ses propositions en temps et en heure

Alex Tsipras va s'efforcer de convaincre les créanciers

Alex Tsipras va s'efforcer de convaincre les créanciers - Aris Messinis - AFP

Athènes avait jusqu'à minuit ce 9 juillet pour envoyer ses propositions. C'est chose fait. Maintenant, les différentes institutions vont les examiner.

La Grèce n'a pas attendu la dernière minute mais presque! Le pays avait jusqu'à minuit ce 9 juillet pour envoyer ses propositions. A 22h, Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, a annoncé les avoir reçu. Ces nouvelles propositions de réformes sont nécessaires que la Grèce puisse espérer obtenir un troisième plan d'aide et rester dans la zone euro.

Mais rien n'est encore joué. Tout d'abord, le gouvernement grec va demander vendredi au Parlement grec l'autorisation de négocier sur un texte énumérant des "actions prioritaires" et qui pourrait servir de base à un accord avec les créanciers internationaux du pays.

De plus, les créanciers vont également analyser tous ces éléments. Samedi, les ministres des Finances de la zone euro vont voir si les nouvelles réformes structurelles paraissent assez crédibles. Et dimanche, les chefs d'Etat de la zone euro vont trancher.

Par ailleurs, la chancelière allemande, Angela Merkel, a réaffirmé jeudi, dans la capital bosniaque, qu'une décote "classique" sur la dette grecque vis-à-vis de ses créanciers européens était hors de question. De son côté, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a reconnu pour la première fois jeudi que l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce pourrait être nécessaire pour la rendre supportable, mais il a immédiatement exclu cette éventualité.

>> Revivez cette journée du 9 juillet, journée où les Grecs ont enfin envoyé leurs propositions tant attendues.

22h13 - Les propositions sont envoyées

Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, a reçu de nouvelles propositions de la part du gouvernement grec, a annoncé jeudi son porte-parole. "Les nouvelles propositions grecques ont été reçues par le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, il est important que les institutions (créanciers) les prennent en compte dans leur évaluation", a indiqué ce porte-parole, Michel Reijns, sur son compte Twitter.

Les créanciers vont se pencher "immédiatement" sur ces documents, a confié une source européenne, puis elles seront soumises samedi aux ministres des Finances de la zone euro, avant un sommet extraordinaire des 28 pays de l'Union européenne convoqué dimanche à Bruxelles.

Avec ces propositions sur la table, les créanciers vont aussi pouvoir "estimer le montant du programme d'aide" pour la Grèce, a indiqué une deuxième source européenne. La Grèce a adressé formellement mercredi à la zone euro, son principal créancier, une nouvelle demande d'aide sur trois ans, la troisième depuis 2010, en échange de l'effort budgétaire dans lequel elle va s'engager. Si le compte n'y est pas, la réunion de dimanche pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant une sortie de la Grèce de la monnaie unique.

Pour l'instant, le contenu de ces propositions n'est pas connu.

Seul bémol, à 22h13 les propositions ne sont pas accompagnées d'une lettre signée par Alexis Tsipras. Un document nécessaire, semble-t-il, explique le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr.

A 23h09, le document est enfin signé, l'évaluation peut commencer!

21h17 - La Grèce demande le feu vert du Parlement

Le gouvernement grec va demander vendredi au Parlement l'autorisation de négocier sur un texte énumérant des "actions prioritaires" et qui pourrait servir de base à un accord avec les créanciers internationaux du pays, a dit une source gouvernementale. Alors que le pays est menacé de faillite, les créanciers exigent du gouvernement qu'il donne des gages en faisant légiférer sur une série de réformes prioritaires.

Le vote de vendredi portera sur le fait d'autoriser le gouvernement à utiliser le texte comme base de négociations, selon la source. Les "actions prioritaires" feront ensuite l'objet d'un vote définitif à un stade ultérieur. "Cela est destiné à montrer que le gouvernement a la volonté politique de mettre en oeuvre les réformes promises mais sans avancer de façon unilatérale avant la réunion de l'Eurogroupe", a expliqué la source.

16h00 - Après Merkel, Schaüble adoucit sa position sur une décote

Le glissement sémantique est très subtil, mais il est bien là. Le ministre allemand des Finances, jusqu'ici inflexible sur une éventuelle restructuration de la dette grecque détenue par les institutions, reconnaît désormais que "la soutenabilité de la dette ne peut-être atteinte sans décote" et que le FMI a eu "raison de le dire". Toutefois, une décote serait "contraire aux règles de l'Union européenne". Ainsi, "la marge de manoeuvre pour restructurer ou reprofiler la dette est très faible", a-t-il continué. Faible donc. Mais pas inexistante...

14h04 - Merkel ne veut pas d'une décote.... "classique"

La chancelière allemande, Angela Merkel, ne semble plus totalement opposée à une renégociation de la dette grecque. Dans la capitale bosniaque ce jeudi, elle a dit qu'une décote "classique" sur la dette grecque vis-à-vis de ses créanciers européens était hors de question. Et c'est bien le terme "classique" qui interpelle, et laisse entendre qu'une décote moins conventionnelle pourrait être négociée. 

"En 2012, nous avons traité le problème de la viabilité de la dette. Nous avons allongé les maturités, nous avons repoussé les échéances de remboursement des prêts du FESF (le fonds de sauvetage de l'UE) jusqu'en 2020. Nous n'abordons donc pas la question de la viabilité de la dette pour la première fois", a-t-elle dit en réponse à une question au sujet des divergences entre Berlin et le Fonds monétaire international (FMI) concernant la question d'une décote ("haircut") de la dette de la Grèce.

Cette déclaration fait suite à une prise de position de la directrice général du FMI, Christine Lagarde, qui a insisté mercredi soir sur la nécessité d'une restructuration de la dette grecque. La Grèce doit présenter ce jeudi ses ultimes propositions de réformes pour tenter de convaincre ses partenaires de la zone euro de débloquer une nouvelle aide financière et lui éviter ainsi la faillite et une sortie de la zone euro.

> 13h01 - L'Irlande table sur plus de 50% de chances d'un accord

L'atmosphère a changé ces derniers jours dans les discussions entre la Grèce et ses partenaires européens et les chances de parvenir à un accord avant la date-butoir de dimanche sont désormais supérieures à 50%, a déclaré jeudi le ministre irlandais des Finances. Prié sur une radio irlandaise d'estimer la probabilité de parvenir à un accord, Michael Noonan a répondu: "Je dirais supérieure à 50%."

"Ce qui a changé désormais c'est que beaucoup d'entre nous autour de la table ne savions pas avec certitude si (les Grecs) désiraient sincèrement ou non un accord ou s'ils voulaient sortir de la zone euro et en faire porter la responsabilité aux institutions européennes. Il semble désormais qu'ils soient plutôt sincères", a poursuivi le ministre irlandais. "Il semble désormais que cela aboutisse."

> 12h07 - L'économie grecque en grande difficulté

Selon l'ancien ministre et membre du parti Nouvelle Démocratie (droite) Kyriakos Mitsotakis, cité sur Twitter par le correspondant de Libération à Bruxelles Jean Quatremer, le PIB grec devrait se contracter de -3% cette année. Alors qu'il était attendu en hausse de +3% par les prévisionnistes, avant les élections de janvier dernier.

Une tendance qu'avait déjà soulignée Jean-Claude Trichet, hier, sur BFM Business. "Six mois avant que le nouveau gouvernement arrive, ce pays était vu comme ayant 2,5% de croissance pour cette année, soit bien plus que nous, et 3,7% pour l'an prochain. Au bout de six mois on est probablement à -2%, peut-être pire", analysait-il.

> 11h34 - Dissonance entre la BCE et la Bundesbank

Le patron de la Bundesbank (et membre du conseil des gouverneurs de la BCE) Jens Weidmann a estimé que la Banque centrale européenne ne doit plus fournir d'aide d'urgence aux banques grecques. "Les banques centrales doivent montrer où résident leurs limites", a-t-il ainsi affirmé lors d'un discours à Francfort.

> 10h05 - La BCE prête à des mesures non conventionnelles en cas de "Grexit"

La Banque centrale européenne (BCE) est prête à prendre des mesures monétaires non conventionnelles dans le cas où la Grèce quitterait la zone euro, a déclaré Ardo Hansson, l'un des membres du Conseil des gouverneurs.

"Nous sommes de plus en plus obligés de prendre en compte cette éventualité car la probabilité d'une telle hypothèse s'est malheureusement développée avec le temps", dit le gouverneur de la banque centrale estonienne, dans un entretien publié jeudi par le quotidien local Postimees". 

>9h36 - Le président de la Bundesbank veut que les contrôles des capitaux perdurent

Le contrôle des capitaux doit rester en place en Grèce jusqu'à conclusion d'un nouvel accord de renflouement, estime Jens Weidmann, le président de la Bundesbank.

Il ajoute qu'il ne faut plus accorder d'aide de financement banque centrale au secteur bancaire grec. Il appartient aux pays de la zone euro plutôt qu'à la Banque centrale européenne (BCE) de résoudre la question grecque, a-t-il déclaré jeudi. 

> 8h51 - Des réformes pour 12 milliards d'euros

La Grèce projette un ensemble de réformes de 12 milliards d'euros réparties sur deux ans, plus que ce qui était prévu auparavant pour parer aux effets d'une retour à la récession, écrit le quotidien grec Kathimerini.

"On estime que les mesures de huit milliards d'euros que la Grèce a présentées pour 2015 et 2016 devront être augmentées de deux milliards d'euros par an, portant le total à 12 milliards d'euros pour ces deux années", peut-on lire dans le journal hellénique.

>8h29 - Draghi "ne sait pas si la Grèce" peut être sauvée

Interrogé par le quotidien italien Il Sole 24 Ore quant à savoir si la Grèce peut être sauvée, le président de la BCE a répondu "je ne sais pas, cette fois c'est réellement difficile".

>7h33 - Les banques grecques auraient du liquide jusqu'à lundi

Selon le président de la fédération bancaire grecque, Louka Katseli, les banques helléniques auraient suffisamment de liquides dans les distributeurs jusqu'à lundi. C'est ce qu'il a déclaré sur la chaîne Skai TV.

>7h00 - Une pétition pour garder la Grèce dans la zone euro

Dans la série des initiatives prises sur Internet, une pétition a été lancée sur change.org pour conserver la Grèce dans l'euro et l'Union européenne. En deux jours, elle a obtenu plus de 50.000 signatures alors qu'elle en vise 75.000.

> 6h16 – Le pouvoir de la BCE

Depuis plusieurs mois, la Banque centrale européenne tient l'économie de la Grèce au bout de ses mains et peut décider à elle seule de sa sortie de l'Euro. Pourquoi? La réponse ici.

> Cette nuit – Shinzo Abe veut travailler sur la Grèce avec le G7

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé jeudi qu'il travaillerait avec les pays du G7 et d'autres pays asiatiques pour assurer la stabilité économique dans la zone euro, aux prises avec la crise de la dette grecque.

> Hier - Pour les Français, Hollande n'a pas su faire entendre la voix de la France

C'est ce que révèle une étude Elabe pour BFMTV publiée mercredi: 62% des Français interrogés considèrent que le président de la République n'a pas su faire entendre la voix de la France dans la crise grecque. Autre enseignement: la majorité des Français (59%) considèrent que l'absence de résolution de la crise est due à l'ensemble des parties.

> Les résultats complets de l'étude en cliquant ici

Les inquiétudes des entreprises grecques

C'est l'un des paradoxes de la crise grecque. Certaines entreprises payent rubis sur l'ongle, voir en avance, leurs fournisseurs et leurs salaries ! Leur crainte : que le gouvernement grec prélève des fonds sur leurs comptes bancaires afin de remettre le système bancaire à flot comme cela a été fait à Chypre.

Du coup, les entreprises vident l'argent de leur compte pour ne pas être exposées à ces éventuelles ponctions ou ne pas être vulnérables à une faillite bancaire ou du pays. Devant l'impossibilité de faire des retraits des comptes bancaires, l'argent tourne sur les comptes et chacun cherche à s'en débarrasser, selon Christophe Lemarié le président de la chambre de commerce et d'industrie française en Grèce. "C’est un peu comme le jeu du mistigri : on espère que lorsque le couperet tombera, on ne sera pas celui chez qui l’argent est déposé à ce moment-là".

Delphine Liou

70 milliards d'euros: ce que la France a prêté à la Grèce

L'Etat français a 70 milliards d'euros d'engagements en Grèce, de manière directe ou indirecte, via les différents mécanismes d'aide. Si on fait un calcul bête et immédiat, cela représente à peu près 1.000 euros par Français. Mais c'est un calcul qui n'a pas de sens. A aucun moment on ne demandera aux foyers de faire un chèque de 1000 euros.

En fait, ces 70 milliards, nous les avons nous-même empruntés pour pouvoir les prêter à la Grèce. Ils entrent donc dans notre dette globale à nous. Cette dette, au total, elle est de 2.000 milliards d'euros. Nous la remboursons à échéances régulières, et nous réempruntons au fur et à mesure. Et, qu’il y ait ou pas un défaut grec, nos créanciers ne vont pas nous demander de rembourser d'un 70 milliards d'euros d’un coup.

En revanche, le risque, c'est si la crise s'intensifie en Europe, et que nos créanciers perdent confiance en nous. Quand on a moins confiance on prête moins, ou alors on prête plus cher. Et cela aurait un impact direct sur la charge de notre dette, avec l'obligation de payer plus d'intérêts d'emprunt. Et donc ce serait un trou dans le budget de l'Etat qui se creuserait, avec un impact possible sur le contribuable puisqu'il faudrait bien le financer d'une manière ou d'une autre.

Dorothée Balsan

Des taux de TVA relevés

Selon la presse grecque, Athènes propose un paquet de mesures de 12 milliards d'euros sur 2 ans, en relevant notamment des taux de TVA et le taux d'impôt sur les sociétés. Un signal intéressant, car c'est un effort plus important que ce qui était prévu jusqu'ici, ce qui pourrait peut-être répondre aux attentes des Allemands qui font de l'intensité des réformes un préalable à tout accord.

Alexis Tsipras a prévenu qu'il peut, dès la semaine prochaine, commencer à réformer le système de retraites, et engager des réformes fiscales. Les directeurs du trésor de chaque Etat membre analysent en ce moment tous ces nouveaux éléments.

Mathieu Jolivet

Quand la France met son expertise au service de la Grèce

A trois jours du sommet européen à 28, Athènes peaufine ses propositions. En coulisses, des technocrates français, rompu à la diplomatie européenne, assistent le ministre des Finances grec dans la rédaction de sa copie.

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Mathieu Jolivet

J.M. et D. L. avec agences