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La Banque de France ne veut pas de baisses d'impôts ni d'aides pour les entreprises zombies

Dans sa traditionnelle lettre au président de la République, le gouverneur de l'institution distille ses conseils pour la mise en place d'une reprise forte.

Comment accompagner la sortie de crise et assurer une reprise qui soit la plus forte possible? Dans sa traditionnelle "lettre au président de la République", le gouverneur de la Banque de France (BdF) François Villeroy de Galhau se penche sur les leviers à actionner du côté des entreprises et des ménages pour restaurer la croissances et réunir les conditions du rebond.

Pour regagner la confiance des entreprises, il défend un accompagnement "dans leurs besoins de fonds propres", avec la mobilisation de 10 à 20 milliards d'euros de fonds publics, ainsi qu'une "stabilité" fiscale.

"Il ne faut investir que dans des entreprises viables", prévient-il, et en partenariat avec des "professionnels privés" (fonds, banques).

Pousser les ménages à consommer leur épargne

Au niveau européen, il plaide pour un rétablissement "rapide" des règles sur les aides d'Etat aux entreprises "au regard de la capacité d'intervention allemande" qui pourrait mettre à mal "l'égalité de concurrence dans le marché unique".

Côté ménages, le retour de la confiance dépendra notamment de la "garantie" d'une "stabilité d'ensemble des impôts" pour les inciter à dépenser les quelques 100 milliards d'euros d'épargne forcée constitués cette année.

Par ailleurs, la France "n'a pas les moyens de financer de nouvelles baisses d'impôts, après celles initiées ces dernières années", prévient le gouverneur.

Pour rétablir cette "confiance" indispensable à la reprise, le gouverneur a aussi évoqué les projets du gouvernement de faire évoluer la réforme de l'assurance chômage et de reprendre les discussions sur la réforme des retraites.

Deux à trois ans pour rattraper les pertes

"Il faut (...) rassurer sur le maintien d'une indemnisation chômage significative, couplée à un engagement de formation", écrit-il, ajoutant qu'"une insécurité sur les retraites futures risquerait aussi d'alimenter l'épargne de précaution".

Plus globalement, "la reprise sera exigeante, et la sortie de crise nécessitera deux à trois ans pour rattraper l'essentiel des pertes économiques", écrit le gouverneur, ajoutant que la "clé est de restaurer la confiance".

Enfin, le gouverneur rappelle que l'Etat devra "après 2022, gérer le désendettement public dans la durée", via une "meilleure efficacité de nos dépenses" et leur "stabilisation en volume" en "contrepartie à l'absence de hausse d'impôts". La dette publique devrait avoisiner les 121% cette année, selon le gouvernement.

OC avec AFP