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Italie : la croissance 2019 largement revue à la baisse

Matteo Salvini - Image d'illustration

Matteo Salvini - Image d'illustration - Alberto Pizzoli - AFP

Rome prévoit 0,2% cette année, au lieu des 1% espérés. Le gouvernement populiste a néanmoins assuré qu’il respecterait « le programme de gouvernement » et « les objectifs fixés par la Commission européenne ».

Rome tombe de haut. Après avoir espéré une croissance de 1% en 2019, le gouvernement populiste formé de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (antisystème) doit se rendre à l’évidence : l’année sera compliquée avec une prévision de croissance de 0,2% du PIB seulement.

La coalition a toutefois assuré qu'elle respecterait « les objectifs fixés par la Commission européenne », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué. « Les programmes de gouvernement sont confirmés : aucune nouvelle taxe et aucune modification de la loi de finances », a précisé la présidence.

Comme souvent avec la coalition, le communiqué, très bref, reste flou, en particulier sur ce que signifie le respect des objectifs fixés par Bruxelles. Aucune conférence de presse n'est prévue dans la soirée par le gouvernement.

Les agences italiennes avaient publié dans la journée une ébauche du document devant être approuvé en conseil des ministres, mais les arbitrages font, comme d'habitude, l'objet de vives discussions entre la Ligue de Matteo Salvini, le M5S de Luigi di Maio et le ministre des Finances, Giovanni Tria. Ce dernier plaide pour un respect des règles européennes afin de ne pas enflammer les marchés financiers.

Selon ce projet de texte, dont on ignore quelle partie a été adoptée, le gouvernement populiste prévoit de relever ses prévisions de déficit public à 2,4% du PIB en 2019, contre 2,04% décidé avec Bruxelles, risquant de déclencher un nouveau bras de fer.

Le déficit public devait ensuite diminuer à 2,1% (contre 1,8%) en 2020 puis à 1,8% (contre 1,5%) en 2021 et 1,5% en 2022.

Toujours selon cette ébauche, Rome table sur une hausse de son PIB de 0,7% en 2020 et 2021, contre respectivement 1,8% et 1,5% auparavant.

La dette publique de la troisième économie de la zone euro doit de son côté grimper à 132,7% du PIB en 2019, contre 130,7% fixé précédemment et 132,2% atteint l'an passé.

Pour limiter la hausse du déficit public, le projet prévoyait une hausse de la TVA en 2020 et 2021, mais cette mesure a été abandonnée après un vif débat entre MM. Tria et Di Maio, selon les agences italiennes.

La rédaction avec AFP