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Hommage des polonais aux victimes de la catastrophe aérienne

Plus de 100.000 Polonais ont rendu hommage, samedi sur la place Pilsudski, dans le centre de Varsovie, aux 96 victimes de la catastrophe aérienne du 10 avril à Smolensk, en Russie, qui a coûté la vie au président Lech Kaczynski et à son épouse, Maria. /Ph

Plus de 100.000 Polonais ont rendu hommage, samedi sur la place Pilsudski, dans le centre de Varsovie, aux 96 victimes de la catastrophe aérienne du 10 avril à Smolensk, en Russie, qui a coûté la vie au président Lech Kaczynski et à son épouse, Maria. /Ph - -

par Gabriela Baczynska VARSOVIE - Plus de 100.000 Polonais ont rendu hommage, samedi à Varsovie, aux 96 victimes de la catastrophe aérienne du 10...

par Gabriela Baczynska

VARSOVIE (Reuters) - Plus de 100.000 Polonais ont rendu hommage, samedi à Varsovie, aux 96 victimes de la catastrophe aérienne du 10 avril en Russie qui a coûté la vie au président Lech Kaczynski et à son épouse, Maria.

Cet hommage solennel, sur une grande place de la capitale, intervient à la veille des obsèques du couple présidentiel à Cracovie, l'ancienne capitale royale.

Mais certains des nombreux dirigeants étrangers attendus pour l'occasion ont annoncé qu'ils ne pourraient faire le déplacement en raison du nuage de cendres craché par un volcan islandais qui paralyse le trafic aérien au-dessus de l'Europe.

La Maison blanche a fait savoir samedi soir que le président américain Barack Obama était contraint d'annuler sa venue pour cette raison.

"J'ai parlé au président par intérim (Bronislaw) Komorowski et lui ait fait part de mon regret de ne pas pouvoir venir en Pologne en raison du nuage de cendres volcaniques qui perturbe le trafic aérien en Europe", a fait savoir Obama dans un communiqué.

La chancelière allemande Angela Merkel a elle aussi annoncé qu'elle serait dans l'impossibilité de faire le déplacement. De retour des Etats-Unis, elle a dû transiter par Lisbonne puis Rome et poursuivre son voyage par la route en direction de Bolzano, où son entourage ignorait encore ce qu'elle ferait pour rentrer à Berlin.

"NOUS N'OUBLIERONS PAS !"

A Varsovie, la foule, qui arborait des drapeaux aux couleurs rouge et blanc de la Pologne ceints de rubans noirs, s'est pressée sur l'immense place Pilsudski, dans le centre-ville.

"Ils ont eu leurs rêves et leurs espoirs pour l'avenir de leur patrie", a déclaré à la foule en deuil le Premier ministre, Donald Tusk. "Nous vivons une épreuve difficile - comment comprendre ces espoirs et les traduire dans le futur".

Le chef de l'exécutif, rival politique du chef de l'Etat défunt, a ajouté: "C'est ce que nous avons de mieux à faire pour eux. Nous sommes ici pour nous souvenir (des victimes de la catastrophe de Smolensk).

"La Pologne est ici pour se souvenir d'elles. Nous n'oublierons pas !", a lancé l'orateur. Derrière l'estrade figurait une grande croix blanche devant deux vastes panneaux noirs portant les portraits de toutes victimes, dont les noms ont été égrenés un par un par un acteur.

Le frère jumeau du chef de l'Etat disparu, Jaroslaw, actuel chef de l'opposition, siégeait au premier rang des personnalités aux côtés d'autres membres de la famille Kaczynski.

"PANTHÉON" POLONAIS

La cérémonie de Varsovie, qui comportait aussi une salve de trois coups de canon et une messe de requiem, précède l'inhumation, dimanche, du couple présidentiel dans une crypte du "Panthéon" du Wawel, la cathédrale de Cracovie, dans le sud du pays, où reposent traditionnellement les anciens rois de Pologne et les héros de la nation.

A cause du nuage de cendres volcaniques, qui se trouve dans la haute atmosphère, l'avion militaire chargé d'acheminer les corps de Lech et de Maria Kaczynski à Cracovie volera dimanche à moins de 5.000 mètres d'altitude par mesure de sécurité.

Le président et une bonne partie de l'élite politique et militaire de la Pologne se rendaient dans l'ouest de la Russie pour assister aux cérémonies du 70e anniversaire du massacre de 22.000 officiers et intellectuels polonais à Katyn sur ordre de Staline.

La catastrophe aérienne du 10 avril a laissé la Pologne en état de sidération.

Quelque 180.000 personnes se sont, au total, inclinées devant les dépouilles du couple présidentiel exposées au palais depuis mardi.

Le quartier situé en face du palais présidentiel, dans la vieille ville, s'est transformé en sanctuaire à la gloire des défunts, avec une profusion de bougies, de fleurs, de crucifix et de drapeaux nationaux.

Le chef de l'Etat par intérim, Bronislaw Komorowski, a déclaré que le drame de Smolensk avait uni tous les Polonais au-delà des clivages politiques. Il a également dit sa gratitude aux dirigeants russes pour leur aide immédiatement après l'accident aérien et leurs gestes de solidarité.

Jean-Loup Fiévet et Gregory Schwartz pour le service français