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Le BHV de Paris sur la sellette

La CGT du BHV-Marais (groupe Galeries Lafayette), à Paris, où un accord sur le travail dominical a été signé par deux syndicats représentatifs, a réaffirmé qu'elle s'opposerait à cet accord.

La CGT du BHV-Marais (groupe Galeries Lafayette), à Paris, où un accord sur le travail dominical a été signé par deux syndicats représentatifs, a réaffirmé qu'elle s'opposerait à cet accord. - Martin Bureau-AFP

Le groupe Galerie Lafayette s'interroge sur l'avenir du mythique grand magasin du centre de Paris. Une revue d'actifs serait en cours.

Comme tous les grands magasins de la capitale, le BHV (Bazar de l'Hôtel de Ville) souffre. Beaucoup. Les confinements à répétition ayant entraîné sa fermeture plusieurs mois, combinés à une concurrence intense sur les marchés où le BHV est historiquement présent (bricolage, maison...) et à la piétonisation de la rue de Rivoli, inquiètent fortement la direction de sa maison mère, le groupe Galerie Lafayette.

Selon le magazine Challenges, le groupe reconnaît les difficultés du BHV, s'interroge sur l'avenir de l'institution parisienne, et mènerait une revue d'actifs à son sujet. Ce qui ne présage rien de bon. Toujours selon nos confrères, un conseil de surveillance se tiendra au BHV la semaine prochaine, une réunion qui pourrait déboucher sur des annonces.

Il faut dire que les derniers chiffres ne sont pas rassurants: depuis janvier, l'activité est encore en baisse de 20% par rapport à la même période de 2019.

Cession, passage en franchise?

Toutes les pistes sont envisageables et notamment une cession pure et simple ou une mise sous franchise à l'image de dizaines de magasins Galerie Lafayette en France qui sont désormais opérés par des tiers.

Reste que les conséquences de la crise sanitaire et la politique anti-voitures de la municipalité n'expliquent pas à elles seules la baisse d'activité du grand magasin.

"Il souffre aussi d’une panne de sens… La politique commerciale de la direction n’a toujours pas trouvé son essor. A ma connaissance, le schéma économique viable permettant le retour à l’équilibre n’est pas défini. Enfin, au gel des salaires et des primes de ventes aléatoires s’est ajouté le chômage partiel ce qui a plombé les revenus des salariés: ils sont très inquiets sur leur avenir, explique à Challenges, Eric Mamou, délégué syndical central CFTC.

Perte de sens

Comme ses concurrents, le BHV a fortement misé sur le digital. Les ventes en ligne ont ainsi bondi de 60% depuis janvier, par rapport à la même période en 2020, qui elle même était en forte hausse. Mais est-ce suffisant?

"Des difficultés, oui il y en a, mais, c’est un magasin dans lequel nous investissons toujours", répond au magazine Amandine de Souza qui est à la tête du magasin depuis deux ans. "Nous renouvelons l’offre pour le repositionner comme le beau bazar des passionnés, avec une offre éclectique en bricolage, maison, loisirs, et mode. Cela nous permet de nous différencier des autres grands magasins".

Les atouts du BHV sont certes nombreux. Mais la stratégie mise en place se heurte également à une forte concurrence sur les deux marchés historiques du groupe. Dans le bricolage, il faut composer avec les nouveaux géants du Web comme ManoMano. Dans la décoration et la maison, outre la concurrence en ligne, le BHV doit affronter IKEA qui s'est installé également rue de Rivoli...

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business