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Qui sont les perdants et les gagnants de la politique familiale de Hollande?

Les perdants des décisions prises par l'exécutif sur la politique familiale appartiennent surtout aux familles les plus aisés

Les perdants des décisions prises par l'exécutif sur la politique familiale appartiennent surtout aux familles les plus aisés - Pudgefeet - Flickr - CC

3,2 millions de familles vont subir des baisses de revenus d'ici à 2018 en raison de l'ensemble des mesures prises par l'exécutif, selon une note de la Cnaf publiée mardi 6 mai. A l'inverse, 2,1 millions de foyers parmi les moins aisés vont gagner en moyenne 67 euros de plus.

Réformer la politique familiale sans léser personne relève de la mission impossible. La note publiée par la Cnaf mardi 5 mai le démontre un peu plus.

Ce document liste ainsi les perdants et des gagnants des décisions prises par l'exécutif sur la politique familiale pour les années 2014 et 2015.

Parmi ces mesures, certaines conduisent à réduire l'aide versée aux familles les plus aisées. C'est le cas de l'abaissement du quotient familial, la modulation des allocations familiales à partir du 1er juillet ou encore la division par deux de la prestation d'accueil jeune enfant pour certains ménages.

D'autres visent à accroître les transferts vers les familles les plus vulnérables (complément familial pour familles nombreuses majoré, revalorisation de l'allocation de soutien familial destinée aux familles monoparentales), rappelle la Cnaf dans sa publication mensuelle l'e-ssentiel.

3,2 millions de perdants

Environ 3,2 millions de familles verraient leur revenu disponible diminuer en moyenne de 67 euros par mois d'ici à 2018, selon les estimations de l'étude. La moitié de ces familles appartiennent aux 30% des ménages les plus aisés (niveau de vie supérieur à 2.130 euros par mois), qui concentrent 86% des pertes financières totales.

Pour les 20% des familles les plus riches, la perte moyenne serait de l'ordre de 129 euros par mois. En raison des réformes de la prestation d'accueil du jeune enfant (non revalorisation de l'allocation de base et de la prime à la naissance), des ménages plus modestes verront également leur revenu diminuer, puisque 16% des familles perdantes appartiendraient aux 30% des ménages les moins aisés. Cependant, leur perte moyenne ne serait que de 17 euros par mois.

860 millions d'euros d'économies

A l'inverse, près de 2,1 millions de familles percevraient en moyenne 67 euros de plus par mois d'ici 2018. Parmi elles, six sur dix appartiendraient au 20% des plus modestes (niveau de vie inférieur à 1.138 euros par mois) et concentreraient 73% des gains financiers.

Les familles monoparentales représenteraient 52% des familles gagnantes. Dans le détail, la baisse du plafond du quotient familial intervenue en 2014 concernerait 1,4 million de ménages, appartenant pour 85% d'entre eux aux 20% des familles les plus riches. Leur impôt augmenterait en moyenne de 71 euros par mois.

Par ailleurs, l'ensemble des mesures décidées par l'exécutif permettrait de générer 860 millions d'euros d'économies.

J.M. avec AFP