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Les pistes de l'assurance maladie pour économiser 3 milliards d'euros

La durée des séjours en hôpital doit notamment être réduite

La durée des séjours en hôpital doit notamment être réduite - Dominique Faget - AFP

La Caisse nationale d'assurance maladie présente ce jeudi 2 juillet une batterie de mesures pour dégager des économies allant jusqu'à 2,8 milliards d'euros en 2016, indiquent plusieurs médias. Elle compte notamment enrayer l'inflation des arrêts maladie via des "recommandations" pour les médecins.

C'est un casse-tête qui reste des plus compliqués à résoudre. Arriver à dégager des économies conséquentes tout en préservant la qualité des soins. La CNAM (Caisse nationale d'assurance maladie) va tenter d'apporter des éléments de réflexion en soumettant un plan d'économies allant jusqu'en 2018, rapportent les Echos et le Monde ce jeudi 2 juillet.

Les économies attendues de l'ensemble des 31 mesures présentées ce jeudi 2 juillet, s'échelonnent à 715 millions d'euros en 2018 puis monteront jusqu'à 2,8 milliards d'euros. Ce qui reste toutefois insuffisant, puisque le la hausse de l'ONDAM (objectif national des dépenses d'assurance-maladie) a été limité +1,6%%, soit une augmentation très faible, ce type de dépenses augmentant naturellement à cause du vieillissement de la population.

Parmi les pistes proposées, la CNAM envisage notamment de prendre le "virage ambulatoire", c'est-à-dire réduire la durée des séjours en hôpital, en accompagnant le retour à domicile et en évitant les réhospitalisation grâce à un meilleur suivi. Ce qui devrait rapporter 171 millions d'euros l'an prochain.

La CNAM compte également économiser 550 millions d'euros sur le poste des transports sanitaires en développant un système de plateforme de commande de transport à la sortie de l’hôpital pour arbitrer s’il vaut mieux faire appel à un taxi, à un véhicule sanitaire léger ou à une ambulance", explique le Monde.

Mettre le frein sur les arrêts maladie

Une autre proposition devrait faire grand bruit. Pour limiter l'inflation des arrêts maladie, la CNAM compte mettre en place des "recommandations", pour aider les médecins à améliorer leurs pratiques, notamment au niveau des prescriptions de congés maladie pour les maladies chroniques (lombalgie, dépression, cancer).

Déjà début juin, Les Echos révélaient un plan de la CNAM qui prévoyait que des médecins conseils allaient réaliser des "entretiens confraternels" avec d'autres praticiens pour leur démontrer qu'ils arrêtent trop leurs patients et leur proposer des solutions. Assortie à un renforcement des contrôles sur les arrêts maladie, la mesure devrait permettre de dégager 300 millions d'euros sur 10 ans.

La CNAM propose également d'agir au niveau des prescriptions de certains médicaments, notamment les antidiabétiques, où des traitements moins coûteux pourraient rapporter 82 millions d'euros. Elle invite également à considérer les traitements de l'hépatite C du point de vue de "l'efficacité-coût" et non seulement de l'efficacité, indique le Monde.

Les propositions de la CNAM inspirent généralement le gouvernement, qui dévoilera en septembre son projet de loi pour le budget de la Sécu.

J.M.