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Les dépenses européennes plombent les comptes de l'Etat

Le déficit de l'Etat s'est creusé de 6,9 milliards d'euros.

Le déficit de l'Etat s'est creusé de 6,9 milliards d'euros. - -

Le déficit budgétaire s'est creusé à 66,8 milliards d'euros en avril, contre 59,9 milliards en avril 2012. Des dépenses européennes exceptionnelles ainsi que de faibles rentrées fiscales expliquent cette détérioration.

Les comptes de l'Etat rougissent un peu plus. Ce vendredi 7 juin, le ministère du Budget a annoncé un déficit pour les comptes de l'Etat qui s'élève à 66,8 milliards au 30 avril 2013 d'euros contre 59,9 milliards à la même période de 2012.

Autrement dit le déficit s'est creusé de 6,9 milliards d'euros sur un an. Bercy avance plusieurs justifications pour expliquer ces mauvais chiffres.

Le ministère invoque plusieurs éléments exceptionnels. Ainsi il rappelle que les comptes 2012 avait été portés par l'attribution des fréquences 4G, alors qu'à l'inverse, l'exercice 2013 est plombée par des dépenses inhabituelles sur le plan européen.

Bercy rappelle ainsi que la France a dû procéder à l'augmentation du capital de la BEI (Banque européenne d'investissement) à hauteur de 1,6 milliard d'euros, et a effectué une dotation pour capitaliser le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours européen, de 3,3 milliards d'euros.

Faibles rentrées fiscales

Le plus inquiétant reste néanmoins, "la faiblesse des rentrées fiscales", l'autre partie de l'effet ciseau qui mine les comptes de l'Etat. Une faiblesse qui s'explique notamment par "l'atonie des recettes de TVA nette et de taxe intérieure sur les produits de consommation énergétique", souligne Bercy.

Au 30 avril 2013, les recettes du budget général s'établissaient à 90,8 milliards d'euros, contre 91 milliards à fin avril 2012.

Le gouvernement prévoyait de ramener les déficits publics à 3% du PIB en fin d'année, un objectif auquel il a renoncé avec le feu vert de la Commission européenne en raison de la faiblesse de la croissance en ce début d'exercice. Cet objectif reposait sur un déficit budgétaire ramené à 62,3 milliards d'euros à fin 2013 contre 87,2 milliards en 2012.

Le gouvernement prévoit désormais un déficit public à 3,7% du PIB cette année sur la base d'une croissance limitée à 0,1%. Des hypothèses jugées trop optimistes.

Julien Marion