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Le gouvernement veut geler les salaires des fonctionnaires

Selon Bercy, une revalorisation de 0,5% coûterait 1 milliard aux caisses de l'Etat

Selon Bercy, une revalorisation de 0,5% coûterait 1 milliard aux caisses de l'Etat - -

Marilyse Lebranchu entame ce mardi 4 septembre des négociations avec les fonctionnaires sur leur pouvoir d'achat et leurs carrières. Mais le véritable objectif du gouvernement est faire passer le gel de leurs rémunérations.
Mise à jour le 4 septembre à 16h45

La ministre en charge de la Fonction publique réunit mardi 4 septembre l'ensemble des organisations syndicales de la fonction publique.

Officiellement, il s'agit de fixer le calendrier des négociations à venir dans les prochains mois sur l'ensemble des dossiers concernant les 5,2 millions de fonctionnaires français : carrières, conditions de travail, effectifs et rémunérations. Mais en fait, une question va dominer la rencontre : le gel des traitements en 2013 et 2014.

81 milliards d'euros de masse salariale pour l'Etat

Dès juillet, Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, a fixé le cap. Les dépenses de personnel devront être stabilisées en valeur dans les prochains budgets pour respecter les objectifs de réduction du déficit. Ce qui signifie que les augmentations générales ne sont pas au programme.

Sur 380 milliards d'euros de budget, la masse salariale de la fonction publique d'Etat représente 81 milliards d'euros plus 52 milliards pour les retraites, soit 42% du budget total. La maîtrise du poste rémunération est donc indispensable en période de rigueur budgétaire.

Déjà, l'Etat-employeur doit chaque année financer les "mesures catégorielles", c'est à dire les augmentations liées aux revalorisations de carrière de certaines catégories d'agents publics. Mécaniquement, la masse salariale augmente ainsi de près de 400 millions par an.

Or, une simple augmentation générale de 0,5% du point d'indice (ce point sert de calcul au traitement des agents publics) coûterait un milliard à l'Etat. Hôpitaux et collectivités locales devraient débourser plus d'un milliard supplémentaire pour financer une augmentation.

Aucune augmentation générale depuis 2010

Marilyse Lebranchu doit convaincre les fonctionnaires d'accepter la rigueur.
Marilyse Lebranchu doit convaincre les fonctionnaires d'accepter la rigueur. © -

Le probème du gouvernement est bien sûr de faire accepter ce gel aux fonctionnaires. François Hollande avait promis durant la campagne une grande négociation sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires, mais ne s'était pas engagé sur des augmentations générales. Nuance. Le chef de l'Etat a même rappelé, mardi après-midi à Rome à l'issue de son entrevue avec Mario Monti, l'objectif de "stabilité des dépenses et des effectifs de la fonction publique".

La dernière augmentation du point d'indice, de 0,5%, date de 2010 après une progression de 0,8 % entre 2007 et 2009. Mais le gouvernement Fillon avait gelé les hausses pour 2011 et 2012.

Politiquement, le gouvernement Ayrault peut-il suivre la même voie que celui de François Fillon alors que les fonctionnaires constituent le coeur de son électorat ?

Patrick Coquidé