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La privatisation des radars mobiles démarrera l’été prochain

Redoutablement efficaces, les radars mobiles embarqués sont peu utilisés aujourd'hui, faute de moyens humains.

Redoutablement efficaces, les radars mobiles embarqués sont peu utilisés aujourd'hui, faute de moyens humains. - AFP

Une expérimentation débutera début 2017 et sera suivi d’un appel d’offre public. Le gouvernement promet que l’Etat contrôlera tout. Objectif: faire tourner 5 fois plus qu'aujourd'hui les voitures banalisées dans lesquelles sont embarqués les radars.

Plus de radars, donc plus de flashs. Le gouvernement va lancer dans les prochaines semaines la privatisation des radars mobiles, promise depuis le printemps dernier. Il finalise les données techniques des nouveaux systèmes de radars embarqués pour démarrer une expérimentation sur les routes de France début 2017. L’appel d’offres public sera ensuite lancé au cours du premier semestre et débouchera à partir de l’été prochain sur la mise en œuvre région par région.

"Nous sommes en train de faire évoluer les logiciels de nos radars mobiles pour qu’ils ne nécessitent aucune intervention humaine, explique Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière. Nous ne privatiserons que leur déplacement". Alors qu’elle vise à réduire le nombre de mort sur les routes, cette privatisation sensible fait l'objet de vives critiques. Elle avait été annoncée par Manuel Valls il y a un an suite à une augmentation du nombre des accidents de la circulation.

Plus de contrôles

Fin novembre, le député LR de Saint-Maur, Sylvain Berrios, avait interrogé le gouvernement à l’Assemblée nationale se plaignant du retard d’un appel d’offres qui devait être lancé en janvier. Il craignait surtout que cette privatisation "ne vise qu’à faire rentrer davantage d’argent dans les caisses de l’Etat à travers les contraventions". "La société qui sera désignée aura un prix fixe qui ne dépendra pas du nombre de voitures flashées, promet Emmanuel Barbe. Les conducteurs suivront un trajet défini à l’avance et ne déclencheront pas les flashs".

Pour autant, l’objectif avoué consiste à faire rouler 8 heures par jour les 383 voitures utilisées par les forces de l’ordre contre 1h30 aujourd’hui… Mais de facto, si les radars sont mobilisés plus longtemps, ils verbaliseront davantage d'automobilistes. "Oui nous voulons que les voitures roulent plus car aujourd’hui il n’y a pas assez de policiers pour les conduire toute la journée" explique Emmanuel Barbe.

Dernière crainte: que les entreprises ayant remporté le marché des radars automatiques fixes, à savoir Atos et Morpho ex Safran-Sagem), soient favorisées. L’appel d’offres de l’époque avait débouché sur une enquête pénale pour "favoritisme" et "prise illégale d’intérêt" à la suite de l’attribution de ce marché.

Matthieu Pechberty