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Budget: la CGT et la CFDT demandent un "rééquilibrage"

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- - Thomas Sansom - AFP

Laurent Berger, dirigeant de la CFDT, demande "un changement de direction du gouvernement". Même son de cloche pour Philippe Martinez, leader de la CGT, qui estime qu'"il y a besoin d'un rééquilibrage".

Les dirigeants de la CGT et de la CFDT, Philippe Martinez et Laurent Berger, ont chacun appelé le gouvernement à un "rééquilibrage" de sa politique en faveur des plus fragiles, le premier allant jusqu'à qualifier Emmanuel Macron de "président des milliardaires". "Il y a besoin d'un rééquilibrage", a déclaré sur Europe 1 Philippe Martinez en fustigeant "une politique pour les riches". "On a vu le président des riches, on a maintenant le président des milliardaires", a-t-il ajouté. La réforme de l'ISF (impôt sur la fortune) est "un vrai signe" donné par le gouvernement qui "dit à ceux qui ont un petit peu, lâchez pour ceux qui n'ont rien du tout", et qui "dit cadeau" aux autres, "ceux qui ont beaucoup", estime Philippe Martinez. Le numéro un de la CGT a également critiqué les entreprises "qui ne payent rien" en se demandant si Amazon va "accepter de payer (ses) impôts en France".

La CFDT redoute une "radicalisation politique"

Interrogé sur France 2 un peu plus tôt, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a lui aussi demandé "un changement de direction du gouvernement". "Depuis début juillet, à chaque fois qu'une décision tombe, elle demande un effort aux plus fragiles", a-t-il observé en évoquant la baisse "idiote" des APL, la "suppression brutale des contrats aidés" ou encore "les menaces sur les retraités modestes" et le pouvoir d'achat des fonctionnaires. "En même temps, on baisse drastiquement l'Impôt de solidarité sur la fortune", a-t-il poursuivi. "Si il n'y a pas rééquilibrage, je pense qu'il y a un risque (...) de radicalisation politique", prévient Laurent Berger en rappelant qu'il y a quelques mois "on se demandait si le FN n'allait pas arriver au pouvoir".

Pour Laurent Berger, "il est temps de mettre le gouvernement au pied du mur sur la politique sociale". "C'est ce que nous allons faire le 10 octobre, de manière unitaire, sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires". De son côté, Philippe Martinez a promis d'aborder tous les sujets de mécontentement lors des rencontres bilatérales prévues à l'Élysée le 12 octobre sur les prochaines réformes. Emmanuel Macron "veut passer au deuxièmement, nous on va rester sur le premièrement parce qu'on a des choses à lui dire", a-t-il souligné, citant les décisions du gouvernement sur la CSG, l'ISF mais aussi les dossiers industriels comme Alstom ou STX, sur lesquels "il faut qu'il rende des comptes".

D. L. avec AFP