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Europe: Juncker soutient un contrôle étroit des investissements étrangers

Dans son discours sur l’état de l’Union européenne 2017, le président Juncker a prévu la création d'une Autorité européenne du travail.

Dans son discours sur l’état de l’Union européenne 2017, le président Juncker a prévu la création d'une Autorité européenne du travail. - Patrick Hertzog-AFP

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker veut donner plus de pouvoir à Bruxelles pour contrôler des investissements stratégiques effectués dans l'UE par des non-européens. Il propose aussi la création d'une autorité de régulation du travail pour régler la question des salariés détachés dans l'Union.

L'Europe doit pouvoir contrôler plus efficacement les investissements étrangers effectués sur son territoire. "Permettez-moi de vous le dire une fois pour toutes: nous ne sommes pas des partisans naïfs du libre-échange. L'Europe défendra toujours ses intérêts stratégiques. C'est la raison pour laquelle nous proposons aujourd'hui un nouveau cadre de l'UE sur l'examen sélectif des investissements" a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Si une entreprise publique étrangère veut acquérir un port européen stratégique, une partie de notre infrastructure énergétique (...) ou une de nos sociétés dans le domaine des technologies de défense, cela ne peut se faire que dans la transparence a travers un examen approfondi et un débat", a-t-il plaidé lors de son discours-programme annuel sur l'état de l'UE à Strasbourg.

Cette proposition cible tout particulièrement les investisseurs chinois, dont l'appétit pour les entreprises industrielles de pointe européennes a beaucoup inquiété ces dernières années. En 2016, l'Allemagne et l'UE n'avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies "made in Germany" lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea, pour 4,6 milliards d'euros.

Vers un super-ministre de l'économie et des finances

La possibilité de laisser plus de pouvoir à Bruxelles dans le contrôle des investissements stratégiques est soutenue par l'Allemagne, la France et l'Italie, qui ont à plusieurs reprises demandé à la Commission d'énoncer des propositions en la matière, notamment lors du dernier sommet européen fin juin 2017.

Par ailleurs, pour répondre à l'épineuse question du détachement des travailleurs dans l'Union, le président Juncker propose une autorité de régulation. "Il y a quelque chose d'absurde à disposer d'une autorité bancaire pour faire appliquer les normes bancaires, mais pas d'une autorité commune du travail pour veiller au respect de l'équité dans notre marché unique. Nous allons en créer une" a-t-il expliqué. Dans la foulée, il a annoncé la présentation, pour la fin 2018, d’une proposition visant à créer une autorité européenne du travail.

Par ailleurs, dans sa feuille de route pour une Union plus unie, plus forte et plus démocratique, le président Juncker a annoncé qu’il présenterait, le 6 décembre 2017, une série de propositions visant à réformer l’Union économique et monétaire, notamment par la création d’une double fonction de ministre européen de l’économie et des finances.

Frédéric Bergé avec AFP