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"En France, on peut se séparer de salariés quand les affaires vont mal"

Le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, Thierry Mandon, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 30 mars.

Le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, Thierry Mandon, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 30 mars. - BFM Business

Au lendemain de la défaite socialiste aux départementales, le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, Thierry Mandon, a réaffirmé sur BFM Business la continuité de la politique du gouvernement.

Au lendemain d'élections départementales en forme de sérieux revers pour les socialistes, Thierry Mandon, le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, a assuré sur BFM Business ce 30 mars qu'il n'était pas question de changer de politique. "On ne peut répondre à la demande de protection des citoyens que si l'on va au bout des efforts d'économie. Et à ce titre, il y a encore des efforts à faire", a-t-il prévenu. 

A ceux qui leur reprochent de ne pas mener une politique assez sociale, il répond que "nous faisons une politique de gauche moderne, qui, pour redistribuer, doit d'abord créer de la richesse".

Pour y parvenir, le gouvernement entend mettre en œuvre "un effort ciblé sur les PME et TPE du pays, qui représentent 70 à 80% des embauches, et qui, quand la reprise arrive, ont besoin du surcroit de confiance qui font qu'elles vont embaucher".

Pas d'intérêt à réformer le contrat de travail

Le secrétaire d'Etat ne voit pas l'intérêt d'une réflexion sur le contrat de travail, à l'heure où sa réforme pour les petites entreprises devait être un des thèmes de la prochaine négociation entre partenaires sociaux. "Contrairement à que l'on raconte, on peut se séparer de salariés quand les affaires ne vont pas aujourd'hui en France", estime Thierry Mandon. D'autant "qu'on n'est jamais sûr que si l'on assouplit le contrat de travail, cela va créer rapidement des emplois".

"En revanche, la vie des TPE-PME reste beaucoup trop compliquée", reconnaît-il. Alors dès fin avril, le gouvernement compte annoncer un "programme spécifique pour les TPE-PME" destiné à leur "faciliter la vie", notamment à "celles qui produisent". Il promet que ces mesures seront mises en place "six mois après".

Recommencer à emprunter, mais pour investir efficacement

La politique de simplification qu'il mène avec Guillaume Poitrinal doit notamment mener "à relancer le carnet de commandes des PME et TPE en facilitant l'investissement public et privé". Pourquoi pas en relançant l'emprunt, puisque "quand vous empruntez à 0%, si les investissements sont structurants et crée de la croissance, vous êtes gagnants à tous les coups, puisque vous remboursez plus que votre emprunt sur l'effet de croissance généré par celui-ci". 

Des investissements et de l'emprunt, oui, mais "efficaces", c'est la clé selon le secrétaire d'Etat. "Il faut être beaucoup beaucoup plus audacieux sur l'efficacité de la dépense publique". Il préconise par exemple de ne "pas garder pour nous cette difficulté, cet arbitrage permanent entre impôts et service public, politique publique, etc. Il faut associer les citoyens aux contradictions du pays et à leurs propres contradictions".

N.G.