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Economie, social: les annonces de François Hollande

François Hollande a détaillé les réformes à venir, jeudi 16 mai.

François Hollande a détaillé les réformes à venir, jeudi 16 mai. - -

Le président de la République s'est exprimé depuis l'Elysée, jeudi 16 mai. Il a promis que sa deuxième année de mandat serait celle de "l'offensive", rappelant une série de mesures, tant sur le plan européen qu'intérieur.

François Hollande s'attendait à une première année difficile, il n'a pas été déçu. Si plusieurs réformes ont été mises en oeuvres (Crédit d'impôt compétitivité, Banque publique d'investissement, contrats de génération, etc.), la situation économique n'en demeure pas moins morose. Entre récession et chômage à son apogée, le chef de l'Etat entame l'"An II" sans marge de manoeuvre.

Malgré tout, François Hollande s'est félicité de l'oeuvre accomplie durant cette première année, mettant l'accent sur le "bien-fondé de la démarche" engagée. Il a notamment cité l'union bancaire européenne, une nouvelle doctrine de la Banque centrale européenne, la Grèce "sauvée", ou encore les taux d'intérêts "historiquement bas.

Réaffirmant que la crise était "derrière nous", le président de la République n'a pas manqué d'envoyer une pique au voisin d'outre-Rhin. Selon lui, la récession, provoquée "par la politique d'austérité" touche tout le monde, y compris l'Allemagne. "On pourrait faire la comparaison sur les six derniers mois", a-t-il lancé.

Répétant que "l'enjeu, c'est la croissance", François Hollande a promis que "l'An II" serait celui de "l'offensive". Pour le chef de l'Etat, cette offensive sera tout d'abord européenne. "Mon devoir est de sortir l'Europe de sa langueur", a-t-il introduit, avant de détailler son plan d'action.

Une offensive en Europe...

> "Instaurer les pays de la zone euro un gouvernement économique". Celui-ci se réunirait "tous les mois, avec un président élu dans la durée." Le but étant d'harmoniser la fiscalité, d'établir des convergences vers le haut sur le plan social, et de lutter contre la fraude fiscale.

>"Un plan pour l'insertion des jeunes". Le président français veut en effet mobiliser immédiatement les 6 millairds de crédits votés dans le budget européen de 2014.

> "Une communauté européenne de l'énergie" afin de faire converger les efforts vers les énergies renouvelables.

>Une "nouvelle étape d'intégration" pour une capacité budgétaire accrue. Celle-ci doit, à terme permettre "progressivement de lever l'emprunt". Tout en avertissant que si la situation actuelle perdurait, ce serait "peut-être la fin de l'idée européenne".

...et en France

En ce qui concerne la France, le chef de l'Etat a réaffirmé vouloir "mobiliser toutes les forces pour l'emploi". La courbe du chômage "pouvait" s'inverser avant la fin de l'année. "Je m'y tiens", a-t-il déclaré.

Pour François Hollande, "l'offensive, c'est la France de demain" et "la bataille sera gagnée si la croissance revient". Pour ce faire, le plan d'investissement visant le numérique, la santé, la transition énergétique et les transports sera déterminant.

Il a aussi annoncé un plan pour améliorer la compétitivité des entreprises et lutter contre le chômage:

>L'assurance-vie sera réformée pour que les fonds aillent aux investissements productifs des entreprises.

>Un plan d'épargne-action pour les PME avec des dispositifs incitatifs.

>L'aménagement de la fiscalité sur les plus values issues de la cession d'entreprises.

>Les emplois d'avenir seront élargis au secteur privé, comme l'avait récemment annoncé Michel Sapin.

>Les contrats de génération seront, eux aussi, étendus aux entreprises nouvellement créées.

Retraites: il faudra "travailler un peu plus longtemps"

>Mais l'annonce la plus forte, même si elle avait déjà été évoquée, concerne l'avenir des retraites. " On vit plus longtemps, on devra donc travailler un peu plus longtemps", a affirmé François Hollande, dessinant ainsi les premiers contours de la réforme qui se profile.

>Répondant en suite aux questions des journalistes, le chef de l'Etat a évoqué la fiscalité, notamment un rapprochement de la CSG et de l'impôt sur le revenu. " Il y aura de nouvelles mesures pour rapprocher les assiettes", a-t-il annoncé, précisant que les partenaires sociaux se saisiraient de la question en juillet, lors de la conférence sociale.

>Sur l'ensemble des impôts payés par les français, "l'idéal serait de ne pas augmenter le taux de prélèvement des ménages en 2014", a-t-il dit.

>Interrogé sur le pouvoir d'achat, François Hollande, est resté très prudent, déclarant notamment que cela "dépendait surtout des entreprises". Il n'a pas confirmé l'augmentation du Smic cet été.

>Enfin, à propos des prestations familiales, le président a confirmé que "sur 52 milliards, nous ne pouvons pas supporter un déficit de deux milliards", laissant présager des mesures d'économies. Le tout en affirmant vouloir "améliorer la politique familiale".

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Yann Duvert