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Continental poursuit Air France en marge du procès Concorde

Une lamelle métallique présentée au procès de l'accident du Concorde. Selon le parquet, le Concorde a chuté en juillet 2000, près de Paris, peu après son décollage à cause de cette lamelle tombée d'un avion de Continental Airlines. La compagnie américaine

Une lamelle métallique présentée au procès de l'accident du Concorde. Selon le parquet, le Concorde a chuté en juillet 2000, près de Paris, peu après son décollage à cause de cette lamelle tombée d'un avion de Continental Airlines. La compagnie américaine - -

PONTOISE, Val-d'Oise - La compagnie aérienne américaine Continental Airlines a déposé une plainte visant Air France pour "obstruction à la...

PONTOISE, Val-d'Oise (Reuters) - La compagnie aérienne américaine Continental Airlines a déposé une plainte visant Air France pour "obstruction à la justice", en marge du procès de la catastrophe du Concorde.

Cette démarche a été rendue publique vendredi par le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) le jour même où le parquet doit formuler ses réquisitions contre Continental au procès de cette catastrophe, qui avait fait 113 morts en juillet 2000 près de Paris.

Le ministère public tient Continental pour le principal responsable de cet accident, où il serait selon lui coupable "d'homicide involontaire", ce qui entraînerait une amende maximale de 375.000 euros mais aussi de très lourdes réparations à verser aux parties civiles, dont Air France.

Selon la version du parquet, le Concorde a chuté peu après son décollage de Roissy parce qu'une lamelle métallique tombée d'un avion de Continental a fait éclater un pneu de son train d'atterrissage, des fragments perforant ensuite le réservoir et provoquant un incendie fatal.

Continental le conteste et se voit comme bouc émissaire des négligences de l'aéronautique française.

Dans le texte de la plainte déposée à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et versée au dossier du tribunal de Pontoise, l'avocat de la société américaine estime qu'Air France a dissimulé à la justice un document technique concernant la navigabilité du Concorde, dont la conservation était obligatoire.

"Cette dissimulation constitue une obstruction à la justice", dit la plainte. L'avocat d'Air France présent au procès Concorde, Me Fernand Garnault, a vivement protesté à l'audience contre cette démarche, qu'il qualifie de "manoeuvre".

Le jugement du tribunal correctionnel sur le fond du dossier Concorde sera mis en délibéré fin mai après les plaidoiries de la défense, sans doute jusqu'à la fin de l'année.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse