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Ces étrangers qui misent sur l'Allemagne

Warren Buffet, qui vient de racheter une entreprise allemande de moto, compte bien continuer ses emplettes dans le pays.

Warren Buffet, qui vient de racheter une entreprise allemande de moto, compte bien continuer ses emplettes dans le pays. - Nicholas Kamm - AFP

Sites spécialisés, investisseurs ultra-connus et reconnus… Les appels à acquérir des actifs en Allemagne se multiplient ces jours-ci. Il faut dire que les arguments ne manquent pas.

Warren Buffet va continuer à faire des emplettes outre-Rhin. Le célèbre investisseur américain, qui vient de racheter un vendeur allemand de motos et d'accessoires, affirme dans le Handelsblatt de ce 25 février qu'il ne compte pas s'arrêter là.

Une semaine après avoir acquis Detlev Louis Motorrad-Vertriebs, l'oracle d'Omaha prévient qu'il est "vraiment intéressé par le rachat d'autres entreprises allemandes", dans les colonnes du quotidien économique. Et il est loin d'être le seul à porter aux nues les actifs allemands.

Autre gros investisseur étranger à avoir jeté son dévolu sur l'Allemagne: le fonds souverain norvégien, et ses faramineux moyens issus de la manne pétrolière scandinave. En 2014, il est même devenu le premier actionnaire des PME allemandes cotées sur trois indices boursiers dédiés. Il se retrouve à la tête de près de 4 milliards d'euros d'actions allemandes, raconte l'hebdomadaire allemand Wirtschafts Woche

"2015, année pour investir allemand"

Un engouement qui n'est pas près de s'essouffler. "2015, année pour acquérir des actions germaniques", proclamait ainsi le site financier américain Business Insider pas plus tard que mardi. Et les arguments pour garder les yeux rivés sur notre voisin d'outre-Rhin ne manquent pas.

Il y a bien sûr la faiblesse de l'euro, qui donne plus de pouvoir d'achat sur le marché européen aux acheteurs en dollars. Et qui valorisent d'autant plus des entreprises allemandes fortement exportatrices, note Business Insider. Des sociétés qui ont encore explosé tous les records à ce titre, selon les dernières statistiques parues en février. 

Mais s'il ne s'agissait que de la faiblesse de l'euro, tous les pays de la zone en profiteraient, du moins un peu. Or c'est bien l'Allemagne qui attire tous les regards. Le multimilliardaire Warren Buffet explique ainsi que le faible niveau de la monnaie unique n'est que l'un des facteurs qui l'ont conduit à amplifier ses investissements en Allemagne. Certainement pas sa "motivation première. Nous voulons simplement détenir davantage de bonnes entreprises en Allemagne, c'est notre objectif".

Et de lister les atouts du tissu d'entreprises du pays: "l'Allemagne est un grand marché: une population importante, un pouvoir d'achat important, et les Allemands sont productifs". Last but not least, l'investisseur au nez creux admet apprécier "le cadre réglementaire et juridique". 

Quant aux éventuelles velléités de rachat par sa société Berkshire Hathaway, du géant allemand de la confiserie Haribo et du spécialiste des rotatives d'impression Heidelberger Druckmaschinen, Warren Buffet botte en touche. "Parfois, on entend dire qu'on est intéressé même si ce n'est pas vrai. Mais si vous pouvez arranger une transaction, je vous paierai une commission".

Nina Godart avec Reuters