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Bruno Le Maire: "L'économie française a besoin de capital, nous lui donnons du capital"

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a refusé ce jeudi sur BFMTV - RMC que le Budget 2018 présenté la veille par le gouvernement soit taxé de "budget pour les riches".

Au lendemain de la présentation du premier budget de l'ère Macron, Bruno Le Maire était l'invité de BFMTV-RMC ce jeudi matin. Il a nié l'idée que les mesures qui y figurent soient des cadeaux faits aux riches.

La suppression de l'ISF ? La taxation à 30% sur les revenus du capital? "Je fais ça pour les Français, pour notre économie", a martelé le ministre. "L'économie française a besoin de capital, nous lui donnons plus de capital. Elle a besoin d'investir? Nous lui en donnons les moyens", a-t-il ajouté. Et d'insister: "Je ne vous laisserai pas dire que je favorise les plus riches. Nous supprimons l'ISF uniquement sur les valeurs mobilières, pas sur l'immobilier".

"5 milliards d'efforts pour ceux qui entreprennent"

Ces deux mesures devraient coûter 5 milliards d'euros à l'État. 5 milliards d'euros d'effort pour les plus riches? demande Jean-Jacques Bourdin. "Non, 5 milliards d'effort pour l'économie française, 5 milliards d'effort pour ceux qui entreprennent, 5 milliards d'euros pour ceux qui prennent des risques, 5 milliards d'euros pour que les entreprises tournent mieux, 5 milliards d'euros pour qu'elles innovent, pour qu'elles investissent, pour que leurs produits soient meilleurs, pour qu'elles puissent aller sur les marchés étrangers avec des produits performants, attractifs, qui s'achètent et qui créent de l'emploi en France", répond Bruno Le Maire.

Alors que le budget vient donc de paraître, Bruno Le Maire a affirmé vouloir que la taxe d'habitation "disparaisse à terme, parce qu'un impôt qui n'est pas juste, qui n'est pas clair, qui n'est pas compréhensible pour les Français, c'est un impôt qu'il faut supprimer", a-t-il déclaré.

L'exécutif s'est engagé à supprimer la taxe d'habitation pour 80% des foyers qui la paient aujourd'hui. La mesure, promesse de campagne du président de la République, Emmanuel Macron, sera étalée sur trois ans, avec une première étape inscrite dans le projet de loi de finances pour 2018, qui a été présenté mercredi.

"L'Allemagne avale la France"? Un discours du passé

Le ministre est par ailleurs revenu sur les deux grands dossiers industriels des derniers jours: la fusion d'Alstom et Siemens et le rachat de STX par Fincantieri. Bruno Le Maire dit ne pas comprendre ceux qui se plaignent que ces fleurons industriels français passent sous contrôle de groupes européens.

"La France construit l'avenir de son industrie avec des partenaires européens", a-t-il estimé. Dans le cas de STX, "avant l'actionnaire majoritaire était coréen et personne ne s'en émeuvait", rappelle-t-il. Ici, Paris et Rome ont trouvé "un accord équilibré", qui garantit à ses yeux que "l'emploi, le savoir-faire, ne partent pas à l'étranger, et surtout pas en Chine". Et son gouvernement s'est donné les moyens de faire pression sur Fincantieri, puisque "si les engagements ne sont pas tenus, nous reprenons nos 1% (prêtés à l'Italien pour 12 ans, NDLR) et donc la majorité dans le capital". Une menace que personne ne peut prendre à la légère selon lui: "les Italiens savent que nous avons été capables de nationaliser STX".

Quant à Alstom, le ministre fustige également ceux qui condamnent la prise de contrôle de Siemens sur le fabricant du TGV. "Ceux qui disent que l'Allemagne a avalé la France ne comprennent que le passé, nous sommes l'avenir, nous voulons inventer l'avenir de l'industrie française, et il se joue avec nos partenaires européens".

N.G.