BFM Business

Brexit : le coup de force de la Chambre des Communes

La députée travailliste Yvette Cooper, à l'origine de la proposition de loi sur un éventul report longue durée du Brexit, à la Chambre des Communes, le 3 avril 2019.

La députée travailliste Yvette Cooper, à l'origine de la proposition de loi sur un éventul report longue durée du Brexit, à la Chambre des Communes, le 3 avril 2019. - MARK DUFFY / UK PARLIAMENT / AFP

Alors que les discussions se poursuivent entre Theresa May et le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, les députés britanniques sont passés en force afin d'éviter un divorce sans accord.

Éviter le « No deal », à tout prix. Les députés britanniques s'étaient déjà prononcé contre un divorce sans accord, mais jusque-là, leurs votes étaient indicatifs et n'avaient aucune force de loi. Les parlementaires ont donc mis le turbo ce jeudi.

De justesse

A l'initiative de la députée travailliste Yvette Cooper, la chambre des Communes a adopté, de justesse, une proposition de loi qui oblige Theresa May à reporter une nouvelle fois le Brexit, si aucun accord n'est ratifié d'ici au 12 avril. Signe de l'extrême division de la Chambre des communes : le texte est passé à une voix près !

Mais avant d'avoir force de loi, la demande de report doit être approuvée par la Chambre des Lords, qui va examiner le texte en urgence, puis par les dirigeants de l'Union européenne. Les 27 se réunissent mercredi en sommet à Bruxelles.

Report limité ou longue durée ?

L’UE a toujours dit qu’elle ne s’opposerait pas à un report limité du Brexit jusqu’au 22 mai, si un accord était ratifié à la chambre des Communes avant le 12 avril. Dans le cas où les parlementaires n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la manière dont le Royaume-Uni doit quitter l'UE, l’UE est prête à accorder report longue durée, mais à la condition que la demande soit dûment justifiée (élections anticipées, nouveau référendum). Un report longue durée implique aussi la participation du Royaume-Uni aux élections européenne du 23 mai. Un scenario que Theresa May voulait absolument éviter.

« Scandale constitutionnel »

Le gouvernement britannique a exprimé sa « déception » et a critiqué le caractère contraignant de cette proposition de loi. Les « brexiters », partisans d’un divorce radical eux sont furieux, le député conservateur Mark François, membre du mouvement eurosceptique European Research Group, a même dénoncé un « scandale constitutionnel ».