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Bercy maintient ses ambitions budgétaires

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Alors que les alertes s'accumulent ces derniers jours, Bercy affirme que la trajectoire budgétaire de la France reste inchangée à l'horizon 2022.

Bercy révise ses prévisions budgétaires mais affirme qu’il n’est pas nécessaire de modifier en profondeur la trajectoire écrite l’année dernière. Certes le déficit public va remonter à 2,8% du PIB en 2019 (contre 2,4% initialement prévu) mais on va rester en dessous des 3% et respecter les engagements européens. La France sort tout juste d’une procédure de déficit excessif initiée par Bruxelles, il était inconcevable pour Bruno Le Maire de risquer un nouveau bras de fer, même si ce budget intègre des éléments exceptionnels comme la transformation du CICE en baisse de charges. Mêmes équilibres sur la dette, où l’on envisage une diminution à 98,6% du PIB en 2019, écartant le spectre agité depuis quelques jours d’un endettement qui dépasserait les 100% avec l’intégration de la dette de SNCF Réseau (ce niveau pourrait être dépassé ponctuellement, mais le chiffre affiché en fin d’année 2018 culminera à 98,7%, l’année 2019 marquera donc un léger reflux).

"Nous maintenons le cap"

Modifications qui sont la conséquence d’un abaissement des prévisions de croissance à 1,7% pour 2018 comme 2019, « mais au final nous maintenons le cap » dit le gouvernement, « sur la baisse de la dette, sur la baisse de la dépense publique, sur la baisse des prélèvements obligatoires ». Car au-delà de ces deux années, le ministère des Finances espère toujours tenir les engagements qui ont été pris l’année dernière à l’occasion de la publication de la trajectoire pluriannuelle des finances publiques : une dette ramenée à 92,7% du PIB fin 2022, une évolution de la dépense publique « proche de zéro » (si on enlève l’inflation), un effort structurel sur la dépense de 0,1 point de PIB en 2018 et 0,3 en 2019.

C’est sur ce chiffre que Bruxelles pourrait émettre de sérieuses réserves. D’abord parce qu’il est insuffisant au regard des traités européens, ensuite parce que même cet effort réduit semble pour l’instant hors d’atteinte, en tout cas les experts de la Commission n’en voient pas trace dans les documents qui leur sont transmis. Le gouvernement sait enfin qu’il sera jugé sur la baisse des prélèvements obligatoires. En l’occurrence (et c’est le paradoxe) le ralentissement économique pourrait le servir, c’est en effet une croissance exceptionnellement forte qui avait fait remonter ce taux à 45,4% du PIB, l’objectif reste de revenir à 45% en 2018 et 44,2% en 2019

La REDACTION