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120 millions de personnes menacées de pauvreté en Europe

En France, le risque de pauvreté touche 18,1% de la population.

En France, le risque de pauvreté touche 18,1% de la population. - Miguel Medina - AFP

Près d'un quart de la population est menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'Union européenne, selon les chiffres d'Eurostat publiés mardi.  Les habitants de la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce sont les plus exposés.

Près d'un quart des Européens (24,5%) étaient menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2013. Si ce chiffre est un peu meilleur que celui de 2012 (24,8%), il représente tout de même 122,6 millions de personnes, selon les chiffres d'Eurostat publiés le 4 novembre.

En 2013, plus d’un tiers de la population était menacée dans cinq États membres: en Bulgarie (48%), en Roumanie (40,4%), en Grèce (35,7%), en Lettonie (35,1%) et en Hongrie (33,5%). À l’inverse, les taux les plus faibles de personnes étant en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ont été enregistrés en République tchèque (14,6%), aux Pays-Bas (15,9%), en Finlande (16%) et en Suède (16,4%).

Parmi les États membres pour lesquels les données sont disponibles, le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion social a augmenté entre 2008 et 2013 dans la plupart des États membres, les seules baisses ayant été enregistrées en Pologne (de 30,5% en 2008 à 25,8% en 2013), en Roumanie (de 44,2% à 40,4%), en Autriche (de 20,6% à 18,8%), en Finlande (de 17,4% à 16,0%), en Slovaquie (de 20,6% à 19,8%), en République tchèque (de 15,3% à 14,6%) ainsi qu’en France (de 18,5% à 18,1%), tandis que le taux est resté stable en Belgique.

Trois éléments importants

Dans le détail, Eurostat rappelle qu'il existe trois éléments pour définir le risque de pauvreté et d'exclusion sociale: la pauvreté monétaire, la situation de privation matérielle sévère et les ménages à très faible intensité de travail.

Eurostat observe que 16,7% de la population des 28 pays de l'Union européenne en 2013 était en risque de pauvreté après prise en compte des transferts sociaux, c'est-à-dire que leur revenu disponible est en-dessous du seuil national de risque de pauvreté. En 2013, plus de 20% de la population était menacée de pauvreté monétaire en Grèce (23,1%), en Roumanie (22,4%), en Bulgarie (21%), en Lituanie (20,6%) et en Espagne (20,4%). Les taux les plus faibles ont été observés en République tchèque (8,6%) ainsi qu’aux Pays-Bas (10,4%).

Concernant la situation de privation matérielle sévère, c'est-à-dire que les conditions de vie des personnes (ne pas pouvoir payer ses factures, se chauffer correctement) sont limitées par un manque de ressources, cela représente 10% de la population de l'UE. La proportion de personnes en situation de privation matérielle sévère en 2013 différait fortement selon les États membres: Bulgarie (43%), en Roumanie (28,5%) et en Hongrie (26,8%) arrivent en tête. Alors que cela représente moins de 5% de la population en Suède (1,4%), au Luxembourg (1,8%), aux Pays-Bas ainsi qu’en Finlande (2,5% chacun), au Danemark (3,8%) et en Autriche(4,2%).

Et enfin, 10,7% de la population âgée de 0 à 59 ans dans les 28 pays de l'Union européenne vivait dans des ménages où les adultes avaient utilisé moins de 20% de leur potentiel total de travail au cours de l'année passée. En 2013, la Grèce (18,2%), la Croatie (15,9%), l’Espagne (15,7%), la Belgique (14,0%) et le Royaume-Uni (13,2%) affichaient les plus fortes proportions de personnes vivant dans des ménages à très faible intensité de travail, et la Roumanie (6,4%), le Luxembourg (6,6%), la République tchèque (6,9%), la Suède (7,1%) et la Pologne (7,2%) les plus faibles. En France, le taux atteint 7,9%

D. L.