BFM Business

Seb: "Chaque produit nécessite 3 ou 4 ans de travail"

Thierry de La Tour d'Artaise estime que la Chine va devenir son premier marché en 2014, devant la France.

Thierry de La Tour d'Artaise estime que la Chine va devenir son premier marché en 2014, devant la France. - -

Début d’année difficile pour Seb, qui a vu son bénéfice net a été divisé par deux au premier semestre à cause des effets de change négatifs. Mais Thierry de La Tour d'Artaise, PDG de Seb, mise sur sa stratégie d'innovation adaptée aux besoins locaux : il va ainsi lancer un purificateur d'air en chine.

46 millions d’euros, les taux de changes vont coûter cher au numéro un mondial du petit électroménager ce semestre. Thierry de La Tour d'Artaise, PDG de Seb l’avoue ce matin dans Good Morning Business : "C’est gigantesque. Le rouble, le real, le yen et le yuan se sont fortement dépréciés. Comme nous sommes présents dans ces pays , notre rentabilité en euro a été affectée". Et pour cause, elle a chuté de 52 % pour atteindre 25 millions d'euros. Sur l’année 2014 l’impact des monnaies sera d’environ 80 millions d’euros.

Montée en puissance en Chine

Si le groupe a souffert des devises et de la faiblesse des marchés japonais et russe, il confirme en revanche le dynamisme de la Chine. Près de la moitié de ses salariés travaillent dans le pays (12.000 sur 25.000). Fort de cette présence, le PDG du groupe estime que "le pays va devenir son premier marché en 2014, devant la France". "C’est une zone très importante, nous y sommes les premiers pour les produits culinaires", ajoute-t-il.

Pour conserver sa place de leader, Seb multiplie les innovations et s’adapte aux besoins locaux. La population étant préoccupée par la pollution, il va sortira en septembre des purificateurs d’air.

"C’est une innovation majeure qui détruit les composants polluants à l’intérieur de la maison. Avec notre fond Seb Alliance nous avons investi dans une start-up qui a réussi à mettre au point ce procédé" explique-t-il.

La force d'innovation

Reconnu pour sa capacité à sortir des nouveautés et à être proche des consommateurs, Seb confirme que c'est une stratégie au long cours. "Chaque produit nécessite 3 ou 4 ans de travail. Pour la friteuse sans huile, il a fallu 6 ans. Il faut prendre son temps et laisser les chercheurs chercher et trouver", explique Thierry de la Tour d’Artaise.

Le travail d'innovation se concentre en France où le groupe conserve 10 sites de production afin de maintenir son savoir faire. Une stratégie payante puisque les ventes ont progressé pour le 4ème trimestre consécutif, une belle performance dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

Charlyne Legris