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La compagnie Emirates estime qu'il faudra quatre ans pour retrouver un trafic aérien normal

La compagnie Emirates équipe ses PNC de blouses jetables

La compagnie Emirates équipe ses PNC de blouses jetables - Emiraites

La principale compagnie aérienne du Golfe qui a annoncé des suppressions de postes est très pessimiste sur l'avenir proche du transport aérien et estime que des compagnies vont disparaître.

Emirates, la plus grosse compagnie aérienne du Moyen-Orient, pourrait mettre quatre ans pour retrouver une situation normale, a déclaré lundi son PDG, au lendemain de l'annonce de suppressions d'emplois en raison de la crise sanitaire du Covid-19.

La compagnie de Dubaï, qui emploie 100.000 personnes a une flotte de 270 gros-porteurs. Elle a suspendu ses activités fin mars avec l'arrêt des vols en raison de la pandémie. Deux semaines plus tard, la compagnie a repris des opérations limitées et s'est concentrée sur les vols de rapatriement d'étrangers bloqués aux Emirats arabes unis.

Un plan social pas encore chiffré

Dimanche, Emirates a annoncé des suppressions d'emplois sans préciser l'ampleur de ce plan social. "C'est une mesure que nous nous devions de prendre. Nous ne pouvons pas laisser nos employés sans rien faire pendant si longtemps. Nous devons donc malheureusement en laisser partir certains", a commenté lundi le PDG, Tim Clark, lors de la conférence virtuelle de l'Arabian Travel Market. "Je pense que d'ici 2022-23, 2023-24, nous verrons probablement les choses revenir à un certain degré de normalité et Emirates exploitera son réseau tel qu'il était", a-t-il déclaré.

Tim Clark a déclaré qu'Emirates, qui a enregistré une hausse de 21% de ses bénéfices pour l'exercice annuel s'achevant en mars, avait espéré reprendre ses activités au cours de la seconde moitié du mois de mai, mais que les conditions ne se sont pas suffisamment améliorées pour le permettre, ce qui rendait difficile de couvrir les coûts.

Des compagnies ne survivront pas

Le dirigeant de longue date de la compagnie, qui a retardé son départ à la retraite programmé pour juin en raison de la pandémie, a estimé que certaines compagnies ne pourraient pas survivre à la situation actuelle.

"Je ne suis pas optimiste quant au fait que certains des transporteurs représentés ici aujourd'hui, qui ont déjà été renfloués de manière significative, vont passer les prochains mois", a-t-il dit, ajoutant que les six à neuf prochains mois seront "difficiles". "Nous n'avons jamais connu une situation aussi épouvantable (...) Il s'agit d'un changement structurel énorme pour notre industrie", a poursuivi Tim Clark.

L'Association internationale du transport aérien (IATA) a estimé la semaine dernière que les compagnies aériennes mondiales perdront 314 milliards de dollars en recettes en 2020, soit une chute de 55% par rapport à l'année dernière.

Selon Tim Clark, les obligations contractuelles signifient que les compagnies ne peuvent pas continuer à maintenir leur flotte au sol. "Nous devons nous remettre sur pied le plus rapidement possible", a déclaré le patron d'Emirates, dont la propre flotte comprend 115 Airbus A-380. Mais il a averti que l'industrie aérienne était dans "un état très critique et fragile".

F.B. avec AFP