BFM Business

La chaussure française explose à l'export

Les marques françaises de chaussures comme Repetto voient leurs ventes à l'étranger augmenter.

Les marques françaises de chaussures comme Repetto voient leurs ventes à l'étranger augmenter. - MARTIN BUREAU - AFP

En quatre ans, les ventes de chaussures de marque française à l'international ont bondi de 60%. A la peine dans l'Hexagone, le soulier français se cherche de nouveaux marchés, raconte Les Echos ce 27 novembre.

Le soulier français s'arrache à l'international. Depuis 2010, les exportations de chaussures de marque françaises ont bondi de 58% pour atteindre plus de 2 milliards en 2013, selon les chiffres de la Fédération de la chaussure donnés par Les Echos ce 27 novembre.

La tendance ne semble pas faiblir: sur les neuf premiers mois de l'année 2014, les exportations sont en hausse de 11%

Robert Clergerie, Repetto, Paraboot, Jonak, Arche... Des marques très françaises qui sont de plus en plus demandées ailleurs en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et en Asie.

Mephisto fait 80% de son chiffre d'affaires hors de France

Pour autant, note Les Echos, chaussure française ne veut pas forcément dire made in France. Leur production n'est en tout cas pas intégralement située dans l'Hexagone.

JB Martin ou encore les pantoufles Ferrand, pourtant considérées comme moyen de gamme en France, sont considérées comme des souliers de luxe à l'étranger. "Elles ont ce côté mode, ce savoir-faire à la française", explique au quotidien Jean-Pierre Renaudin, président de la Fédération.

Si bien que la part de leur chiffre d'affaires réalisé à l'international atteint en moyenne 35%, avec des scores bien différents selon les marques. Ainsi Mephisto, marque qui fabrique, selon ses propres mots, des chaussures "confortables", réalise 80% de ses ventes hors de France.

A contrario, dans l'Hexagone, c'est la chaussure chinoise qui tient le haut du pavé. Celle provenant du plus grand atelier du monde s'accaparent 60% du total des importations.

Les ventes de 2014 en berne en France

Le marché de la chaussure, bien que pas au meilleur de sa forme en France, a mieux résisté que celui du textile. En 2013, le recul s'est ainsi limité à 1,3%. La Fédération est moins confiante pour l'année en cours. Elle pointe notamment "la météo trop clémente" qui a empêché les modèles d'hiver de se vendre. En octobre, les ventes de chaussures se sont ainsi tassées de 12%.

A ce titre, les difficultés de Bata sont révélatrices de ces tensions sur le marché. La filiale française de la griffe canadienne a en effet demandé son placement en cessation de paiement la semaine dernière. Ses 136 magasins et 800 employés français sont sur le fil du rasoir.

La mauvaise tenue du marché de la chaussure en France s'explique enfin par la saturation du marché, soulignent Les Echos. En cause, notamment, ces marques de prêt-à-porter telles H&M ou Zara, qui lancent elles-aussi leur collection, parfois en cassant les prix, comme La Halle ou Gemo. Sans parler de la cannibalisation des ventes par internet.

L'augmentation de leur vente à l'étranger a donc permis aux françaises de garder la tête hors de l'eau, en particulier pour celles qui produisent, au moins partiellement, en France: en 2013, leur chiffre d'affaires cumulé a progressé de 4% à 924 millions d'euros. 

N.G.