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L’application Yuka perd une nouvelle fois en justice contre les charcutiers

Le tribunal de commerce de Paris a déjà condamné en mai l'application nutritionnelle Yuka pour "pratique commerciale déloyale et trompeuse" et pour "des actes de dénigrement au préjudice" de la Fédération des Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur (FICT)

Le tribunal de commerce de Paris a déjà condamné en mai l'application nutritionnelle Yuka pour "pratique commerciale déloyale et trompeuse" et pour "des actes de dénigrement au préjudice" de la Fédération des Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur (FICT) - ALAIN JOCARD © 2019 AFP

L'application présentait les nitrites présents dans le jambon cuits comme des "additifs cancérigènes" et "génotoxiques". Le Tribunal de commerce d'Aix en Provence l'a condamnée pour "pratiques commerciales trompeuses et dénigrement".

Un second revers en justice pour Yuka. Selon France Bleu Provence et Les Echos, le Tribunal de commerce d’Aix-en-Provence a condamné ce lundi l’application pour "pratiques commerciales trompeuses et dénigrement".

Yuka, qui permet de scanner le code-barres de ses aliments pour en connaître la composition, avait été attaqué par le fabricant de jambon ABC qui lui reprochait de ranger les nitrites présents dans le jambon cuit parmi les "additifs cancérigènes" et "génotoxiques".

Dans sa décision, le juge exige de l’application qu’elle arrête de "diffuser ou de publier sous quelque forme que ce soit ou sur quelque support que ce soit et en particulier sur son application tout contenu trompeur ou dénigrant les jambons cuits fabriqués par ABC". Elle devra notamment "supprimer l’indication de risque élevé" pour l’additif E250 et retirer "la mention précisant que les nitrites sont cancérigènes et génotoxiques ou tout terme équivalent". Aucune amende n’a cependant été prononcée à l’encontre de Yuka.

Deuxième condamnation

Interrogé avant le jugement sur Europe 1 ce lundi, le délégué général de la Fédération des industriels charcutiers-traiteurs (FICT), Fabien Castanier, a affirmé que leur "seule demande, c’est que Yuka, qui influence 10 millions de consommateurs, ne délivre pas une information subjective mais que cette information soit juste et scientifiquement prouvée pour que le consommateur ne soit pas induit en erreur".

De son côté, la cofondatrice de Yuka, Julie Chapon, a déploré auprès de la station la "multiplication des procédures des entreprises de charcuterie" et dénoncé "une vraie tentative d’acharnement du lobby de la charcuterie et de certains industriels, pour des raisons économiques (…)".

En mai dernier, Yuka avait été condamné pour la première fois par le Tribunal de commerce de Paris, également pour "pratique commerciale déloyale et trompeuse" et pour "actes de dénigrement au préjudice" de la FICT.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco