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Bridgestone: pour la direction, la cessation d'activité est la "seule option"

Un syndicaliste lors d'une manifestation contre la fermeture du site de Bridgestone à Béthune, le 17 septembre 2020

Un syndicaliste lors d'une manifestation contre la fermeture du site de Bridgestone à Béthune, le 17 septembre 2020 - DENIS CHARLET © 2019 AFP

A l'issue de la réunion entre la direction de l'usine et des membres du gouvernement, Bridgestone ferme la porte à une poursuite d'activité, mais se dit prêt à plancher avec l'Etat sur des scénarios alternatifs pour les 863 salariés.

Inflexible. Ce lundi, la direction de l'usine de Bridgestone à Béthune a fait savoir que la cessation d'activité était la "seule option" possible.

Alors que le gouvernement, les élus locaux et les syndicats de l'usine Bridgestone entendaient faire pression ce lundi sur la direction pour tenter d'éviter la fermeture du site du géant japonais du pneumatique, cette déclaration sonne comme une fin de non recevoir pour la mise en place d'un plan B.

A l'issue de cette réunion, le fabricant japonais de pneumatiques a affirmé dans un communiqué que "le projet de cessation totale d'activité" était "la seule option qui permettrait de répondre à la surcapacité de production structurelle de Bridgestone et donc de sauvegarder la compétitivité de ses opérations en Europe".

"Bridgestone a étudié toutes les solutions alternatives possibles, notamment celle de nouveaux investissements pour une production de pneus différents à Béthune", a souligné le fabricant de pneumatiques.

Bridgestone a assuré cependant "rechercher des entreprises susceptibles d'être intéressées par une reprise totale ou partielle du site et des employés ou pour développer des projets permettant de créer de nouvelles activités dans la région".

Le groupe s'engage également à soutenir la mise en oeuvre des solutions qui pourraient être suscitées par cette démarche, y compris la reprise du site par des concurrents.

Le gouvernement veut une contre-expertise

Parallèlement, Bridgestone entend proposer "un plan d'accompagnement adapté à chaque salarié, incluant des mesures de pré-retraite sans coût pour la collectivité, mais aussi des mesures encourageant les reclassements au sein des autres activités de Bridgestone en France et favorisant les reclassements externes".

"Nous ne laisserons aucun salarié sans emploi ou sans accompagnement adapté et personnalisé", a déclaré Laurent Dartoux, président de Bridgestone pour la zone Europe, Russie, Moyen-Orient, Inde et Afrique.

Le site emploie 863 personnes.

Interrogée à la suite de cette réunion, Agnès Panier-Runacher, la ministre déléguée en charge de l'Industrie insiste sur la possibilité de "scénarios alternatifs à la fermeture du site" comme celui de l'activité de recyclage des pneus et annonce sa volonté de "contre-expertiser" les analyses de Bridgestone avec l'aide du cabinet Accenture.

"Nous ne voulons pas tomber dans la fatalité et nous résoudre à cette décision qui appelle une contre-expertise", souligne la ministre. L'ensemble des parties prenantes sera donc réunie dans deux à trois semaines "spécifiquement sur ces sujets là".

Et de rappeler qu'en France, le groupe japonais exploite également la marque Speedy: "chacun regardera avec précision la façon dont ce groupe se comporte", assène Agnès Panier-Runacher qui mise également sur la réputation du groupe pour l'inciter à fléchir sa position.

OC