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Un étrange spray anti radars débarque au Québec

En 1949, un ouvrier repeignant une plaque d'immatriculation d'une voiture au Salon de l'Automobile à Paris. Au Québec, c'est du vernis anti-radar automatique que les automobilistes peuvent asperger sur leurs plaques.

En 1949, un ouvrier repeignant une plaque d'immatriculation d'une voiture au Salon de l'Automobile à Paris. Au Québec, c'est du vernis anti-radar automatique que les automobilistes peuvent asperger sur leurs plaques. - STF - AFP

En le pulvérisant sur votre plaque, ce vernis doit empêcher de relever le numéro en reflétant la lumière du flash automatique de la cabine radar. Ce produit en vente libre est cependant illégal, au Québec comme dans d’autres pays.

Un petit coup de bombe sur votre plaque d’immatriculation et fini les PV reçus à cause des radars automatiques, c’est ce que promet le Photo Blocker Spray. Cette semaine, il vient d’être lancé au Québec, comme le rapporte Le Journal de Montréal et interroge depuis lundi les automobilistes comme les policiers canadiens. Car l’histoire semble trop belle pour être réelle, et surtout légale.

Une bombe magique en vente...

La société Photo Blocker a été créée aux Etats-Unis en 1996 et propose différents produits pour l’automobile, dont ce spray anti-radar. Le principe est simple. Le vernis doit être pulvérisé sur la plaque d’immatriculation. Quand le radar prend en photo la plaque, le flash se reflète tellement sur celle-ci que les numéros sont illisibles. La photo est inexploitable. Ce produit est aujourd’hui distribué dans différents pays, de la Belgique aux Etats-Unis, en passant par l’Australie et désormais le Québec. On ne discutera pas ici de son efficacité supposée ou non.

... mais illégale à l'utilisation

"Ce produit peut être vendu, mais son utilisation est interdite", assène sans embage le sergent Claude Denis, sur le site québécois TVA Nouvelles. La lecture des plaques ne doit pas être entravée d’une quelconque manière. La police canadienne va même plus loin, expliquant que les radars prennent aussi des photos des conducteurs, qui peuvent ainsi être retrouvés. Si la plaque n’est pas lisible, le droit canadien prévoit une amende allant jusqu’à 60 dollars canadiens (environ 40 euros) pour le propriétaire du véhicule. Une bombe coûte environ le même tarif.

La même histoire s’est déjà répétée en Belgique, comme aux Etats-Unis. Déjà en 2004, dans le Washington Post, Anne Witt, alors directrice du département véhicules à moteur de la région de Washington, expliquait : "Ces produits ne sont las légaux. La loi requiert que les plaques soient libres de tout matériel étranger et lisible". En France, le code de la route impose également que la plaque soit lisible. Si elle ne l’est pas, la contravention concerne le conducteur au volant, qui devra s’acquitter d’une amende forfaitaire minorée de 90 euros.

Pauline Ducamp