BFM Tech

Une intelligence artificielle a, pour la première fois, battu un pilote en combat aérien

-

- - -

Pour la première fois, une intelligence artificielle a battu les hommes dans une simulation de bataille aérienne. Un événement qui préfigure peut-être de la future domination des cieux par des drones autonomes.

Les hommes ne sont plus les rois des cieux. Une intelligence artificielle (IA) a démontré sa toute puissance dans un conflit aérien virtuel, ouvrant la voie à des drones autonomes invincibles pour les humains, comme le dévoile cet article de Popular Science.

La bataille virtuelle, s’est déroulée aux USA entre l’IA appelée ALPHA et un pilote chevronnée de l’armée de l’air américaine, le colonel Gene Lee. Ce dernier est loin d’être un amateur : avec des milliers d’heures de vol à son actif, des centaines de missions en tant que pilote ou coordinateur, un statut de formateur et une spécialisation dans l’affrontement d’IA, c’était sans doute le pilote américain le plus à même d’affronter ALPHA.

Mais au sortir de leur bataille, qui a tourné à l’avantage de l’ordinateur, le colonel a affirmé rentrer chez lui « fatigué, épuisé et mentalement harassé. » Il ne s’agissait pas d’un simple combat entre deux avions – dogfight dans le jargon – mais d’une bataille aérienne engageant plusieurs aéronefs de part et d’autre.

Et à la fin, c’est le PC qui gagne.

-
- © -

Développée par Psibernetix, une entreprise fondée par un doctorant de l’Université de Cincinnati, ALPHA a été spécialement développée pour le combat aérien. Et elle a non seulement pliée les autres intelligences artificielles, mais elle a aussi surpris le pilote humain. Le colonel Lee a en effet confié à Popular Science qu’il a été "surpris de la conscience et de la réactivité (de l’IA). Elle semblait consciente de mes intentions et réagissait instantanément à mes changements (de trajectoire) de vol et mes déploiements de missiles. Elle savait comment contrecarrer les choix que je faisais. Elle passait instantanément d’une action défensive à une action offensive".

Ce qui fait la différence entre les IA que le colonel Lee a déjà affronté et ALPHA, c’est qu’elle qu’elle n’est pas programmée selon les lois de logique classiques mais fait appel à la "logique floue" ainsi qu’à des "algorithmes génétiques". La première permet d'échapper à l'aspect binaire de la logique booléenne, où une chose est vraie ou fausse, en ajoutant des degrés de "vérité". Les seconds permettent d'établir d'établir une solution "approchée" quand aucune méthode exacte n'est disponible dans un temps de réflexion raisonnable.

Loin d’être anecdotiques, ces deux éléments, couplés à la puissance toujours grandissante des ordinateurs, a permis de faire la différence en offrant à l'intelligence artificielle ce qui s'apparente à une capacité de prises de décisions contextualisées et très rapides. Car quand le temps de réaction – sans traitement de l’information – d’un humain est de "0,15 s à 0,30 s", la puissance de calcul d’un ordinateur lui permet d'aller en-dessous de la milliseconde.

Algorithmes génétiques et logique floue

-
- © -

Au lieu de se comporter comme un « bête » ordinateur, ALPHA dispose d’une approche plus « humaine » grâce à des algorithmes dits « génétiques », eux-mêmes faisant partie d’une catégorie appelée « algorithme évolutionnistes ». Ces outils mathématiques modélisent les informations d’une manière proche du vivant que les programmes traditionnels, lesquels se limitent en général à des affirmations simples – c’est oui, non ou peut-être. Avec la logique floue et les algorithmes génétiques, la machine peut évaluer plus finement l’état d’une situation.

Le nom de flou provient du fait que pour le programme, l’élément n’est pas 1 ou 0 mais bien une valeur entre les deux qui peut varier. Les algorithmes génétiques permettent quant à eux de sélectionner les meilleures solutions par élimination, un peu à la manière d’une sélection naturelle. Ou comment donner des outils naturels aux machines pour les rendre encore plus mortelles...

Le célèbre auteur de science-fiction et vulgarisateur scientifique Isaac Asimov qui avait émis les 3 lois de la robotique doit sans nul doute se retourner dans sa tombe…