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Sur Twitter, le racisme, la misogynie et l'homophobie prospèrent "sans contrôle"

Twitter utilisé depuis un café.

Twitter utilisé depuis un café. - CC-Zero

L'ONG Amnesty International a analysé 228 000 tweets envoyés à des femmes noires, politiciennes ou journalistes. Résultat, les femmes de couleur ont "34% de risque en plus" d'être mentionnées dans un message abusif ou problématique que les femmes blanches.

Twitter est un endroit où "le racisme, la misogynie et l'homophobie" prospèrent "sans contrôle", selon Amnesty International. L'ONG a réalisé une large enquête sur le contenu des messages postés sur la plateforme. Cette étude a été faite en collaboration avec Element AI, qu'elle présente comme une entreprise fabricant des logiciels d'intelligence artificielle.

6500 volontaires ont vérifié le contenu de 228 000 tweets envoyés à 778 femmes noires, politiciennes ou journalistes, au Royaume-Uni et aux États-Unis en 2017.

À partir des résultats de cette enquête et des calculs d'Element AI, Amnesty a établi que 1,1 million de messages "problématiques ou abusifs" avaient été envoyés à ces 778 femmes sur douze mois. Soit environ un toutes les trente secondes.

Avec cette étude, "nous disposons des données pour corroborer ce que les femmes nous disent depuis longtemps: Twitter est un endroit où le racisme, la misogynie et l'homophobie prospèrent essentiellement sans contrôle", a déploré Milena Marin, responsable de la recherche chez Amnesty, dans un communiqué.

Les femmes de couleurs beaucoup plus touchées 

"Nous avons constaté que les femmes de couleur étaient beaucoup plus susceptibles d'être touchées (par ces abus) et que les femmes noires sont ciblées de manière disproportionnée", ajoute Milena Marin. "Les manquements de Twitter à sévir contre ce problème signifient que la plateforme participe à réduire au silence les voix déjà marginalisées". 

Selon l'ONG, les femmes de couleur ont "34% de risque en plus" d'être mentionnées dans un message abusif ou problématique que les femmes blanches. Ce chiffre monte jusqu'à 84% pour les seules femmes noires. Amnesty demande au réseau social davantage de transparence sur la manière dont il utilise des logiciels "d'apprentissage automatique pour détecter les abus". 

Pauline Dumonteil avec AFP