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Soupçons de piratage informatique sur l'élection présidentielle américaine de 2016

Des chercheurs pointent les vulnérabilités présentes sur des machines à voter américaines.

Des chercheurs pointent les vulnérabilités présentes sur des machines à voter américaines. - Brendan Smialowski / AFP

Le Département américain de la sécurité intérieure va procéder à une enquête liée aux machines à voter utilisées lors de l'élection présidentielle de 2016. En cause, un système qui permettait de modifier à distance les listes d'électeurs.

Un éditeur de logiciels électoraux aurait-il fourni une porte d'entrée à des hackers lors de l'élection présidentielle américaine de 2016? Une enquête va être lancée par le département de la sécurité intérieure pour le déterminer, rapporte le site Politico.

L'investigation portera sur les solutions proposées par VR Systems, une entreprise domiciliée en Floride, qui compte huit Etats américains parmi ses clients. 

Lors du scrutin, des problèmes rencontrés avec son outil de gestion des registres électoraux électroniques auraient poussé VR Systems à se connecter à un ordinateur central, situé dans le comté de Durham, en Caroline du Nord. Or, ces solutions d'accès à distance peuvent constituer une porte d'entrée pour les hackers.

En l'espèce, ces derniers auraient pu modifier à distance les registres électoraux, pour empêcher certaines personnes de voter. Par ailleurs, l'ordinateur du comté du Durham aurait pu ouvrir une brèche permettant d'accéder au système de l'Etat, auquel il était connecté. 

VR Systems n'a pour le moment fourni aucun commentaire sur le sujet. En Caroline du Nord, un tiers des électeurs s'en sont remis à des machines à voter lors de l'élection de 2016, note Charlotte Observer

Des failles pointées du doigt

La vulnérabilité des machines à voter électroniques est un problème régulièrement soulevé par les chercheurs en sécurité, qui y voient une menace pour la démocratie. En août dernier, lors de la Def Con, la convention annuelle des hackers, plusieurs participants ont montré combien il était simple de prendre le contrôle de machines à voter utilisées lors des élections aux États-Unis. 

Le piratage le plus remarqué reste celui d'une machine utilisée dans dix-huit Etats américains. Une participante avait alors indiqué pourvoir obtenir l'accès administrateur de l'appareil, ce qui revenait tout bonnement à en prendre le contrôle, par quelques manipulations simples. 

Dans un registre plus artistique, un autre participant était parvenu à transformer l'une des machines testées, une Diebold TSX, en véritable jukebox. Après le piratage, la machine avait été amenée à diffuser de la musique et à afficher des gifs Illuminati. Les concepteurs des machines piratées s'étaient alors défendus en affirmant que les conditions réelles de l'élection rendraient ces piratages impossibles.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech