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Les Américains ne sont pas prêts à devenir des cyborgs

Les biotechnologies effrayent les Américains.

Les biotechnologies effrayent les Américains. - Flickr/David Menidrey

Implanter des puces dans le cerveau, injecter du sang synthétique ou encore changer les propriétés de son ADN, autant d’expérimentations qui suscitent la peur aux Etats-Unis où des start-ups entendent pourtant plancher sur ces domaines.

Paradis des biohackers et des transhumanistes, les Etats-Unis abritent pourtant une population majoritairement hostile aux expérimentations sur les systèmes biologiques, et en particulier sur l’ADN. C’est ce qui ressort d’une étude du Pew Research Center qui vient d'être rendue publique.

4726 adultes ont été sondés du 2 au 28 mars 2016 sur trois innovations encore au stade du laboratoire : modifier l'ADN pour réduire le risque de maladie grave et augmenter la durée de vie des bébés, implanter une puce dans le cerveau pour augmenter la capacité des gens à se concentrer et traiter des informations, et enfin transfuser du sang synthétique pour rendre les gens plus rapides, forts et endurants.

Une très grande majorité de personnes se montre inquiète concernant la modification génétique (68%), les puces dans le cerveau (69%) et le sang synthétique (63%). Ce qui n’empêche pas un certain nombre d’entre eux de se montrer aussi, dans le même temps enthousiaste vis-à-vis de ces pratiques (entre 34 et 49% suivant la technologie). Quand il s’agit de profiter soi-même de ces avancées, la résistance est moins grande : 66% pour les puces dans le cerveau), 63% pour la transfusion, 50% pour les bébés.

Les Américains ne veulent pas d'un Homme augmenté

Les craintes sont nombreuses : peur que ces nouvelles technos soient déployées avant d’avoir été testées sérieusement, qu’elles créent un fossé entre ceux qui en bénéficient et les autres, qu'elles augmentent le sentiment de supériorité des gens traités ou encore qu'il y ait plus d'inconvénients que d'avantages à les mettre en place. Une courte majorité pense également que ces pratiques sont moralement inacceptables mais les avis sont divisés sur la question de savoir si elles franchissent véritablement la ligne rouge.

Sans surprise, les auteurs de l'étude ont constaté que plus les sondés étaient croyants, plus ils étaient méfiants vis-à-vis des biotechnologies, même s'ils n'étaient pas opposés aux avancées biomédicales. Les femmes sont également plus méfiantes que les hommes. Mais globalement, les Américains redoutent l'émergence d'une catégorie d'hommes augmentés ou d'homme-robots et plaide pour une surveillance étroite des biotechnologies pour empêcher ses dérives.

Amélie Charnay