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Deux ans de prison pour avoir envoyé injustement la police chez un gamer

Le policier est jugé au tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Le policier est jugé au tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. - Bertrand Guay - AFP

Usurper le numéro de téléphone d'une personne pour lui envoyer la police a conduit trois jeunes devant la justice, qui n'a pas été tendre.

C’est la première fois qu’un cas de "swatting" aboutit à de la prison ferme en France. Un jeune homme de 22 ans a été condamné à deux ans de prison, le 30 juin 2016 à Créteil, a appris l’AFP. Celui-ci avait envoyé la police chez un as du jeu vidéo, qui avait été interpellé et menotté en direct devant des milliers d'internautes. Rappel des faits.

Le 10 février 2015, le commissariat de Charenton-le-Pont reçoit l'appel d'un individu "s'accusant d'avoir poignardé sa compagne après une dispute", selon la source judiciaire. Lorsqu'ils interviennent à son domicile, les policiers tombent en fait sur un homme en train de jouer en ligne sur son ordinateur.

Le joueur, surnommé Bibix, très connu dans la communauté des gamers, est alors interpellé et menotté sous les yeux de ses milliers d'abonnés sur la plate-forme de streaming de jeux vidéo Twitch. Les policiers comprendront ensuite avoir été les victimes, tout comme Bibix, d'une mauvaise blague. La compagne du joueur, "particulièrement traumatisée" par cette descente policière, s'était même vu prescrire sept jours d'interruption totale de travail, a précisé la source judiciaire.

L'enquête, confiée à la sûreté territoriale du Val-de-Marne, avait permis l'interpellation des trois mauvais plaisantins huit mois après les faits, en octobre 2015, "après de longues investigations techniques et informatiques", selon la source judiciaire.

De la prison également pour les deux complices

Le principal prévenu, déjà condamné à de la prison ferme pour des vols aggravés, était poursuivi pour avoir créé un compte Violvocal, le site de canulars téléphoniques poussés à l'extrême créé par le hacker français Ulcan, en fuite en Israël.

Deux de ses complices, âgés de 19 et 25 ans, ont écopé respectivement de 18 mois de prison ferme et six mois de sursis, a ajouté cette source. Le premier était accusé d'avoir mis en ligne la vidéo de l'interpellation, le second de l'avoir annoncée sur Facebook avant même l'arrivée de la police.

Ces canulars, qualifiés de "swatting", du nom de l'unité d'intervention de la police américaine Swat, consistent à usurper le numéro de téléphone d'une cible et à convaincre les policiers d'intervenir chez elle au prétexte qu'elle aurait commis un crime. Né il y a quelques années aux Etats-Unis, le "swatting" a récemment fait son apparition en France. 

C.B. avec AFP