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Coronavirus: malgré une adoption massive, l'application de traçage islandaise ne fait pas de miracles

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- - Catherine Lai - AFP

L'Islande utilise une application de traçage des patients depuis début avril mais son efficacité est mise en doute. Les enquêtes sanitaires et les tests massifs auraient joué un rôle plus grand que la technologie pour freiner la pandémie.

En Islande, le gouvernement a lancé début avril une application destinée à suivre les déplacements des malades du Covid-19 pour alerter les personnes qui sont entrées en contact avec eux. Le service Rakning C-19 utilise les données de localisation des utilisateurs. Leur consentement est recueilli lors du téléchargement de l’application. 

La France, comme de nombreux autres pays touchés par la pandémie, planche sur une application similaire, appelée StopCovid. Mais contrairement au service islandais, l’application française ne se servira pas des données GPS pour retrouver les personnes qui ont croisé un malade. Elle s’appuiera sur la technologie bluetooth

La technologie "n'a pas changé la donne"

L’application Rackning C-19 a convaincu 38% des 364.000 Islandais de la télécharger, rapporte le MIT Technology Review. Mais malgré un taux d’adoption assez conséquent et un déploiement précoce, son efficacité est mise en doute. 

“Je ne dirais pas que la technologie est inutile. Elle s’est avérée utile dans quelques cas, mais elle n’a pas changé la donne”, a confié au magazine américain Gestur Pálmason, inspecteur de police qui fait partie de l’équipe qui a planché sur l’application Rackning C-19. 

Selon lui, “il est très clair pour tout le monde que le traçage manuel n’est pas moins important”. 

Depuis l’apparition du premier cas fin février, la politique menée par le pays a porté ses fruits. A tel point que l'Islande est souvent montrée en exemple pour sa gestion de la pandémie. Des campagnes de tests ont été massivement menées, concernant 10% de la population. Soit cinq fois plus qu’en Espagne. L’Islande comptait au 21 avril moins de 1.800 cas confirmés et 10 morts. La population n’a pas été confinée. 

C’est cette politique et les enquêtes sanitaires qui auraient permis de freiner la pandémie, selon l'inspecteur Gestur Pálmason, et non l’application pour smartphone. 

En France, le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O a précisé que le service StopCovid était une solution complémentaire aux enquêtes sanitaires. L’application est testée depuis le 11 maiElle sera présentée prochainement au Parlement, appelé à voter sur le sujet. Elle pourrait être disponible au début du mois de juin.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech