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Comment les fournisseurs d’accès (et Marc Dorcel) entendent préserver les mineurs de la pornographie

Un site pornographie (image d'illustration)

Un site pornographie (image d'illustration) - BFMTV

Des fournisseurs d'accès à Internet, moteurs de recherche et opérateurs de téléphonie mobile ont ce 17 janvier signé l'équivalent d'une charte anti-pornographie, pour limiter au maximum l'exposition des mineurs à ces contenus. En fin d'année dernière, Emmanuel Macron avait donné six mois aux fournisseurs pour mettre en place le contrôle parental par défaut.

Ils avaient jusqu'au printemps pour trouver une solution et ont finalement pris les devants. Ce 17 janvier, une coalition de fournisseurs d'accès Internet - regroupés au sein de la Fédération française des télécoms -, les moteurs de recherche Qwant et Google, l'application mobile Snapchat mais aussi Samsung et la société de production de films pornographiques Marc Dorcel sont venus signer un "protocole d’engagements pour la prévention de l’exposition des mineurs aux contenus pornographiques en ligne", révèle Le Figaro.

L'élaboration de cette même charte, dont le contenu est intégralement accessible sur le site spécialisé NextInpact, a été encadrée par le secrétaire d’État chargé du numérique Cédric O et le secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance Adrien Taquet. Il s'agira, pour chacun des signataires, de suivre des lignes directrices visant à réduire l'exposition des mineurs à la pornographie sur Internet.

Pour ce faire, chacun sa parade. D'après le texte cosigné, les entreprises "s’engagent, chacune dans leurs domaines de compétences, à proposer au moins un outil gratuit, ou à mettre en place des solutions intégrées, destinées à protéger les mineurs contre toute exposition à des contenus pornographiques".

Interdire les liens sponsorisés

Les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès à Internet s'assureront ainsi "de l’existence et de la simplicité d’utilisation des dispositifs de contrôle parental en vue d’une appropriation par les utilisateurs". Aux réseaux sociaux incombera la tâche de "ne pas autoriser les contenus à caractère pornographique dans leurs règles d’utilisation, ou bien d’avertir l’utilisateur du risque d’exposition à des contenus de type pornographiques". Les moteurs de recherche auront pour leur part à "interdire les liens sponsorisés à destination d’utilisateurs mineurs pour des contenus à caractère pornographique". 

Pour sa part, Marc Dorcel mise sur une méthode déjà éprouvée. La consultation de ses vidéos en ligne requiert l'utilisation d'une carte bancaire et ce, même pour les contenus gratuits. La société de production assure auprès du Figaro que cette méthode fonctionne "dans la plupart des cas". 

Le contrôle parental automatique en dernier recours

Le texte laisse néanmoins de côté l’un des points clés évoqués par Emmanuel Macron, en novembre dernier. Le président de la République, outre le fait de donner six mois aux fournisseurs pour mettre en place le contrôle parental par défaut, avait estimé que "le simple fait de déclarer son âge en ligne" ne constituait pas une "protection suffisante contre l’accès à la pornographie des mineurs".

Il laissait ainsi entendre que les sites pornographiques pourraient être amenés à développer de plus robustes solutions de vérification de l’âge. Ces derniers restent pourtant épargnés par le protocole signé ce 17 janvier. Le texte se contente de donner à ces derniers la responsabilité d'"avertir l’utilisateur du risque d’exposition à des contenus de type pornographique", sans aller plus loin. Reste aux acteurs de l'Internet de convaincre le Conseil supérieur de l'audiovisuel de leurs efforts. Sans cela, se profilera la solution drastique mise en avant par Emmanuel Macron: le contrôle parental par défaut, voire le blocage pur et simple de sites. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech