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Festival de Cannes : la réalité virtuelle se lance à l'assaut du 7e art

Le court métrage "I, Philip" en réalité virtuelle a été produit par Arte et était projeté au Marché du film sur la Croisette.

Le court métrage "I, Philip" en réalité virtuelle a été produit par Arte et était projeté au Marché du film sur la Croisette. - Arte

C’est la première fois que le Marché du film accorde une place conséquente aux films immersifs. Trente œuvres étaient projetées durant deux jours dans le cadre des sessions Next. Une petite révolution.

Alors que les casques de réalité virtuelle commencent à peine pointer le bout de leur nez et que les grands de la Silicon Valley investissent massivement dans ce domaine, l’industrie cinématographique semble prendre conscience qu’elle pourrait, elle aussi, en tirer parti.

La VR est apparue discrètement sur le marché du film du festival de Cannes en 2014. Et pour la première fois cette année, le programme Next, qui explore le futur du 7e art, y a consacré deux jours entiers avec une trentaine d’œuvres projetées les 15 et 16 mai sous la bannière Virtual Reality Screenings. Des conférences et des démonstrations sur un stand étaient également organisées pour initier les professionnels du secteur.

A l’affiche, uniquement des films courts à visionner avec un Gear VR,de Samsung. Tous les genres étaient représentés sur la Croisette. Le plus attendu était le film d'animation Invasion d’Eric Darnell - qui a signé Madagascar - et auquel Ethan Hawke a prêté sa voix. Mais la fiction en prise de vue réelle I, Philip, produite par Arte, a obtenu aussi son petit succès auprès des journalistes étrangers.

Le film d'animation Invasion du réalisateur Eric Darnell.
Le film d'animation Invasion du réalisateur Eric Darnell. © Baoba Studios

Une production essentiellement anglo-saxonne

"L’essentiel des films est américain. Et les rares films étrangers sont presque tous tournés en anglais", nous a confié Brice Rocton, cofondateur de la société Pickup qui s’est chargée de l’exploitation technique des sessions. Pour le moment, les coûts prohibitifs de production – 450 000 euros les 14 minutes de I, Philip - freinent le développement de cette technologie au cinéma qui reste assez expérimentale.

"En attendant les premières caméras dédiées, beaucoup de réalisateurs ont bidouillé leur propre matériel en raccordant, par exemple, plusieurs GoPro les unes aux autres", observe Brice Rocton. Les films présentés sont disponibles sous forme d’applications. On peut les regarder sur son smartphone en naviguant à 360 degrés dans l'appli mais il vaut mieux un casque de réalité virtuelle pour les voir dans de bonnes conditions. Ce qui restreint leur public pour le moment. Cette forme de cinéma reste donc très marginale.

Mais les institutions en France semblent confiantes. "On se retrouve un peu comme au début du cinéma mais cela évolue très très rapidement", a déclaré au site phys.org Vincent Leclercq, le directeur de l’audiovisuel et de la création numérique au CNC.

Les gros studios commencent ainsi à s’y intéresser. La Fox a financé Le Martien, une adaptation de 40 minutes de son blockbuster Seul sur Mars avec Ridley Scott himself à la production et Robert Stromberg à la réalisation. Le spectateur est invité à se mettre dans la peau de l’astronaute Mark Watney. Sa version courte est déjà disponible pour les possesseurs de Gear VR. On attend son intégralité dans le courant de l'année pour Oculus et Vive.

Amélie Charnay