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Des chercheurs chinois imaginent un engin autoalimenté pour nettoyer l'espace

Six mille tonnes de débris tournent au-dessus de nos têtes.

Six mille tonnes de débris tournent au-dessus de nos têtes. - ESA

Les débris spatiaux constituent une pollution invisible à l'oeil nu mais pourtant dangereuse. Des chercheurs ont imaginé un engin qui transformerait ces débris en carburant.

Les débris spatiaux sont un réel danger pour les satellites et les vaisseaux spatiaux. Aussi de nombreuses équipes de chercheurs réfléchissent à des solutions pour nettoyer l’espace autour de la Terre.

Une option est de détruire les plus gros débris avec un laser, une autre est d’envoyer un vaisseau les récupérer. Cette dernière option se heurte cependant à un souci de taille : la quantité de carburant à embarquer pour réussir une telle mission serait gigantesque. Mais des chercheurs chinois de l’université Tsinghua de Beijing viennent d’imaginer un engin spatial capable de "gober" les déchets pour les transformer en carburant qu’il réutiliserait.

L’appareil attraperait les gros débris et les transformerait en poussière, un peu à la manière d’un broyeur, dans un cylindre rotatif rempli de billes résistant à l’abrasion. Le moteur génèrerait alors une température suffisamment élevée pour transformer les petites particules en une sorte de plasma d’ions positifs et d’électrons. Les ions passeraient ensuite dans un puissant champ électrique qui les transformeraient en énergie afin de générer une poussée suffisante pour déplacer un engin spatial. Il pourrait alors remplacer des gaz tels que l’argon et le xenon, affirment les chercheurs.

Concept de l'engin nettoyeur.
Concept de l'engin nettoyeur. © Tsinghua University Beijing

Ce "recyclage" des débris permettrait ainsi d’économiser sur le carburant embarqué au sol et, si ce nettoyeur était embarqué dans une fusée, de faire baisser le coût des expéditions spatiales.

Si l’idée d’un robot nettoyeur autopropulsé est séduisante, en pratique les choses risquent d’être bien plus complexes, indique la revue du MIT qui se fait l’écho des travaux des chercheurs chinois. De fait, si ce nouveau type d’engin spatial n’a pas besoin de propulseur, il a besoin d’une source d’énergie pour chauffer les débris. Les chercheurs chinois estiment dans leur document qu’une combinaison d’énergies nucléaire et solaire suffira. Mais ils ne disent rien des risques liés à l’envoi d’un engin nucléaire dans l’espace.

Si le projet n’est pas encore complètement abouti, il a le mérite d’exister et de fournir des pistes de réflexion. Car il va bien falloir, un jour ou l’autre, aller dans l’espace pour y faire un grand ménage.

Source :
MIT Technology Review 

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Cécile BOLESSE