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Le Congrès américain sceptique sur Libra, la cryptomonnaie de Facebook

Facebook veut offrir un mode de paiement alternatif aux circuits bancaires traditionnels.

Facebook veut offrir un mode de paiement alternatif aux circuits bancaires traditionnels. - Amy Osborne / AFP

Le réseau social a tenté de défendre son projet de cyptomonnaie devant le Sénat américain. Sans vraiment convaincre.

Déjà épinglé maintes fois sur les questions de respect de la vie privée et de protection des données, Facebook n'est pas forcément digne de foi quand il s'agit de son dernier grand projet, la cryptomonnaie Libra, ont mis en avant plusieurs sénateurs américains lors de la première audition publique sur le sujet mardi. 

"Facebook n'a peut-être pas l'intention d'être dangereux mais ils ont déjà démontré qu'ils ne respectaient pas le pouvoir des technologies avec lesquelles ils jouent", a dénoncé le sénateur démocrate Sherrod Brown. "Facebook nous a dit encore et encore qu'on devait leur faire confiance mais à chaque fois que les Américains vous font confiance, il semblerait qu'ils s'en mordent les doigts", a-t-il ajouté.

"Je ne vous fais tout simplement pas confiance", a asséné la sénatrice républicaine Martha McSally. "Vous n'avez pas respecté la vie privée par le passé (...) et pourtant vous lancez un nouveau produit et assurez que la vie privée sera respectée. Comment les utilisateurs pourront savoir si cela ne va pas aussi changer et que le respect de leur vie privée ne sera pas de nouveau enfreint?"

David Marcus, responsable du développement du projet Libra au sein du réseau social, a bien tenté d'en défendre le bien-fondé pendant deux heures mardi devant la commission des Finances du Sénat à Washington. Et il doit faire de même mercredi devant la Chambre des représentants.

Avec la création annoncée mi-juin de cette monnaie numérique offrant un mode de paiement alternatif aux circuits bancaires traditionnels, Facebook veut bouleverser le système financier mondial. Elle s'inspire de crytodevises comme le bitcoin. 

"Beaucoup de travail à faire pour convaincre"

Mais un tel projet s'accompagne d'une responsabilité énorme que les dirigeants politiques, inquiets de voir des entreprises privées s'engager sur ce terrain, ne semblent pas forcément prêts à accorder au groupe de Mark Zuckerberg.

Cette cryptomonnaie suscite en effet de plus en plus d'inquiétudes parmi les régulateurs du monde entier, et M. Marcus a promis de répondre à toutes les préoccupations des législateurs avant de lancer la devise sur le marché, comme celles liées au risque d'utilisation pour du blanchiment d'argent, de la fraude fiscale ou du financement du terrorisme.

Le ministre américain des Finances Steven Mnuchin a d'ailleurs lancé un avertissement au réseau social lundi, assurant qu'il "allait avoir beaucoup de travail à faire pour convaincre" l'administration Trump que Facebook pouvait mettre en place cette monnaie en toute sécurité. Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver l'intégrité de la monnaie américaine, "une question de sécurité nationale" alors que les Etats-Unis prennent très au sérieux "le rôle du dollar comme monnaie de réserve nationale".